CHAPITRE 8: LISTEN TO MY VOICE

 CHAPITRE 8:  LISTEN TO MY VOICE
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. Quelques minutes plus tard Danny freina devant une grande entrée, elle n'était pas particulièrement éclairée et aucun panneaux ou affiches n'indiquaient un endroit branché de la capital. Je descendit de la moto, l'équilibre précaire, Danny tenant mon bras comme il le faisait à chaque fois pour m'épargner une nouvelle chute. Une fois sur pied il s'apprêta à me lâcher mais je le retint brusquement.

-Attend! m'écriai-je en sortant de mon sac les escarpins noirs sur lesquelles je misais pour avoir l'air plus habillée que d'habitude.
-Tu ne peux pas attendre que je descende à mon tour de la moto pour changer de chaussure? s'impatienta t-il.
-Non, tiens moi, je ne veux pas m'écraser par terre!

Il soupira l'air cependant amusé et me regarda gigoter et balancer dans tout les sens afin de ne pas perdre le peu d'équilibre qu'il me procurait en me tenant l'avant bras.

-Très sexy! Maintenant est ce que je peux garer la moto? lança t-il sur un ton enjôleur.

Pour seule réponse il eu le droit à une grimace agacée. Je remis mes cheveux en place, les casques n'était pas réputés pour préserver les brushing. Je ne m'aventurai néanmoins pas seule à l'intérieur du club et attendis Danny les bras croisés.
Je commençai à m'impatienter quand un homme aux allures de cow-boy s'approcha de l'entrée. Je m'écartai pour le laisser passer mais il s'arrêta face à moi. Craintive, je tournai la tête dans une direction opposée.

-Bonsoir...

Son haleine empesté l'alcool, une odeur écoeurante et repoussante. Je fit un pas en arrière observant les ombres de son chapeau sur le sol, il portait des bottines à frange, une mode un peu dépassée pour un garçon pensai-je.

-Hey beauté tu es toute seule?

Mon empressement s'accentua. Où était Danny? Je commençai à sentir mes nerfs se raidir et mon coeur battre à tout rompre avant de s'arrêter brutalement devant l'air de pervers de l'inconnu.

-Plus maintenant!

La main de Danny s'écrasa violemment sur l'épaule de l'homme le faisant reculer de plusieurs pas.

-Hey gamin calme toi! grommela t-il.
-Rentre Maddy! s'énerva Danny.
-Mais...
-Rentre sinon je te promet que je lui en colle une!!

Il me poussa dans un petit couloir qui devait nous conduire à la salle principale et s'empressa de me suivre les poings serrés.

-Détends-toi! ce type ne m'a pas touché!
-Désolé Maddy mais je m'efforce de faire en sorte de ne pas détruire le nez de quelqu'un à chaque fois qu'on passe une soirée ensemble! Crois moi c'est plus dur que sa en à l'air tu attires tous les connards de la ville!

Je soupirai d'exaspération, non pas que le rôle de protecteur qu'il s'était crée me pesait sur les épaules mais je commençais à être irritée de toutes ses allusions sur ma malchance et ma maladresse. Comme si tout les malheurs de la ville ne dépendaient que de moi et de mon aura malencontreux.

-J'en ai marre!

Il haussa les sourcils, interrogateur.

-Si je ne t'apporte que du malheur alors arrête de chercher à me voir!

Il eut un geste de recul, surpris, peut être vexé aussi. Les mots que je venais d'émettre avait parcouru mon corps comme une onde électrique puissante capable de faire cesser mon coeur de battre. Impossible d'envisager cette option, j'espérais qu'il en soit de même pour lui.

-Et qu'est ce que tu ferais sans moi?

Je cherchais à deviner si cette pointe d'humour était du à l'angoisse de ne plus me voir. J'aurai aimé que la réponse soit oui, malheureusement il s'était armé de son bouclier plus aisément que jamais et lire dans ses yeux était tout simplement impossible.

-Je redeviendrai la Maddison qui existait avant de te rencontrer.

Une Maddison fade et sans saveur, une adolescente anodine amoureuse de Peter, un garçon anodin. Je frissonnai. Danny n'avait rien d'anodin ou de banal. Il était le garçon le plus unique et le plus captivant qu'il m'avait été donné de rencontrer. Replonger dans le passé aurait été comme perdre mes deux jambes. Je serai redevenu la jeune fille de 17 ans, maladroite et révoltée contre le monde entier. Aujourd'hui, avec lui, je sentais ma maladresse devenir une arme de séduction massive qui le clouerai à moi pour l'éternité et mon esprit rebelle ne pouvais en vouloir qu'à lui, un chance pour le monde.

-Oh et comment était-elle? demanda t-il amusé.
-Pas vraiment différente, mentis-je.

Je sentis mes joues rougies de honte à un pareil mensonge. Lorsque Danny posait ses yeux profonds sur moi, les rares fois où il baissait sa garde, j'avais le sentiments d'être une personne merveilleuse. Comment ne pas se sentir différente? Il me donnait l'impression d'être Juliette le soir du bal. Malheureusement, tout comme cette héroïne, le "happy end" ne semblait pas être de mise et malgré la possibilité qu'il m'aime un peu, jamais il ne parviendrai à atteindre l'himalaya de mes sentiments. Je n'étais que l'actrice secondaire dans le film de sa vie, Linda m'avait volé la vedette et j'étais destinée à pimenter le scénario sans pour autant avoir ma place dans la scène du baiser final. Quel situation dénigrante!

-Alors je crois qu'il me serais impossible de t'ignorer!

Il m'abandonna pour aller saluer Dougie et Tom de l'autre côté de la salle, laissant un inlassable manège prendre possession de mon cerveau. Entre sous-entendu et psychologie inversée, comprendre Danny était devenu "mission impossible". Cependant je ne pu m'empêcher de sourire, soulagée et flattée.
Une fois mes pensées calmées je pu contempler l'endroit. Il y avait du monde et le brouhaha de la foule sembla atteindre soudainement mes tympans comme si la réflexions de Danny m'avait rendu sourde durant quelques secondes. Le comptoir de bar était étouffé par une masse croissante de corps en transes. La musique résonnait, forte, battant violemment dans mes tempes. Je remarquai la petite estrade surmontée d'une batterie et de quelques amplis, dans un instant la scène allai être l'exutoire de Lucy, j'en frémis d'impatience. Les projecteurs rouges m'aveuglèrent alors que je distinguais Tom me faire de larges signes.

-Flame doit être en train de vomir ses tripes! Il y a tellement de monde!

La réflexion de Tom me fit sourire, il paraissait aussi nerveux que pouvait l'être Lucy.

-Peut être que si sa marche bien Burning Flame pourra aussi jouer ici un de ces jours! s'exclama Dougie.
-Tu compte redevenir notre bassiste? s'étonna Tom.

Je croisai le regard de Danny alors que Dougie acquiesçai un sourire sur-dimensionné accroché aux lèvres. La lumière perdit de son intensité et seule la scène se fit visible.

-Sa va commencer!!! entendis-je chuchoter.

J'inspirai profondément, croisant les doigts pour Flame. Je sentis une main m'attirer vers la droite, pas besoin de tourner la tête, cette chaleur était celle de Danny. Nous nous faufilâmes jusqu'à la scène. Les premiers accords de guitare résonnèrent, gracieusement. Une chanson de U2, je ne pouvais tout simplement pas me tromper. La petite Lucy s'avança, petite parce qu'elle ressemblai à une poupée de porcelaine fébrile au milieu de ces 3 mâles aux regards durs.

"I can't believe the news today..."

Un frisson me parcourut l'échine et je sourit. sa voix était de velours, pure, cristalline. Cette chanson m'avait toujours fait frémir, la voix de Bono plus puissante que les coups de feu qu'il tentait de combattre, mais la douceur de Lucy m'arracha un pincement au coeur, fragile elle donnait à cette merveille musicale une autre âme, une pincée de désespoir mêlé à l'envie d'y croire malgré tout.
"Sunday Bloody Sunday" l'hymne anti-violence s'accaparait des esprits les plus rebelles ce soir, et qui pourrait encore vouloir se battre après avoir entendu le murmure si puissant de Flame. Elle prononçait chaque mot comme une prière, autant d'émotion me fit trembler. La main de Danny me retint par la hanche tandis que je sentais mon équilibre se fragiliser. Le message subliminal était "Faites l'amour pas la guerre", en espérant que Danny le reçoive cinq sur cinq. Je laissai échapper un léger rire à cette pensée, j'étais d'un pathétisme.

****

-Dougie rend moi cette photo! Cria Lucy en se jetant sur son ami.

Cette image me rappela la première fois que j'avais vu Lucy avec Dougie. Nous étions tous heureux que la période de guerre ai laissé place à la complicité qui avait toujours régné. Lucy nous avait rejoint à une grande table après avoir finit son concert. Elle était au bord de l'hystérie, un "fan" avait pris des photo d'elle avec son Polaroïd et Dougie s'amusait à les lui voler. Les chansons avaient défilé aussi jouissive les unes que les autres, je ne regrettais pas d'avoir assisté à cette première, Lucy méritait de réussir, elle avait un incroyable talent.

-J'en reviens pas Lucy, j'ai adoré! M'exclamai-je pour la 21ème fois.
-Je te ferais des concerts privés, rétorqua t-elle en riant.

Elle était aux anges et personne ne pouvait l'ignorer. J'en avais conclu assez rapidement que l'accord avec le groupe allai se faire et je ne savais pas si je devais m'en réjouir.
Le concert finit, un DJ avait repris sa place initiale pour permettre à chacun de continuer à bouger son corps en rythme, ce que je n'envisageais absolument pas, la bonne nouvelle c'était que tout comme moi, la bande n'était pas décidée à danser.
La conversation tournait essentiellement autour de la fabuleuse prestation de Lucy, je commençai à décrocher quand le dialogue devint plus technique, je n'étais pas très calée en guitares, notes et amplis à vrai dire. Lorsque les discussions m'ennuyaient, la plupart du temps, je me prenais à observer les gens, leurs gestes, leurs mimiques, sans entendre le son de leur voix. Je m'amusait à croire que c'était un don, la capacité de baisser le volume et de découvrir à travers des mouvements, à priori commun, des sens cachés bien plus intéressants. Ce soir, il était inutile d'étudier la gestuelle de Lucy, elle était si heureuse qu'il lui était impossible de cacher quoique se soit, elle ne devait certainement pas penser aux conséquences, peut être fâcheuses, de cette envie d'être à l'affiche. En revanche Harry était plus calme, il était ailleurs, tout comme moi, les yeux fixés sur un point invisible de la table, il me parut mal à l'aise, angoissé. Contrairement à Dougie et Tom il ne s'efforçait pas de comparer Lucy à la nouvelle étoile montante du pays, avait-il des doutes sur ses intentions ou avait-il simplement les pieds sur terre? A en croire ses doigts qui frottaient frénétiquement le tissu usé de son jean, il ne pensait ni à la voix de Lucy, ni à son incroyable charisme mais à une chose bien plus difficile à déterminer. Je m'inquiétais. Il m'avait bien dit qu'il serait là pour moi si j'avais besoin de parler, il devrait en être de même pour lui. Par chance il était à ma gauche, je lui lançai un petit coup de coude dans les côtes, il se retourna en sursaut.

-Hey, sa va pas? Chuchotai-je.
-Si...merci.

Je soupirai, ma tentative d'aide avait lamentablement échouée. Il était évident qu'il n'allait pas bien.

-Qu'est ce que tu as Harry? Inutile de mentir, je sais que quelque chose te tracasse, insistai-je le regard plus que persuasif.
-Je...accompagne moi dehors!

Il se leva sans attendre que j'acquiesce et se dirigea vers la sortie sans que personne ne le remarque. Tout le monde était bien trop absorbé par les histoires de voix de Lucy. Tout comme lui, je m'évinçai incognito du petit groupe sans avoir besoin de faire attention à ma discrétion. J'accélérai le pas jusqu'à la sortie et le retrouvai adossé contre le mur, le visage enfouit dans ses mains. Je me mit face à lui, ne sachant pas vraiment quoi dire, il ne pleurait pas, ces épaules étaient immobiles mais il était mal, sans aucun doutes. Il inspira profondément et balaya mon corps d'un regard hésitant comme si il cherchait à savoir si me parler était la solution. Je fis un pas en avant tentant de lui faire comprendre que j'étais là, que je ne m'échapperais pas, il pouvait ouvertement me raconter ce qu'il se passait, jamais je ne le jugerai.

-Tout à l'heure...

Il fit une pause, laissant sa voix chevrotante reprendre de l'assurance.

-Je suis allai dans les loges après le concert, je voulais féliciter Lucy et lui faire une surprise et comme je connais bien le videur, il m'a laissé passé. J'ai entendu leur conversation.

Je hochai la tête.

-Lucy abandonne le groupe. Elle va signer un contrat avec les 3 musiciens qui l'ont accompagné ce soir. Ils sont sur le point d'enregistrer une maquette. Tu vois le genre de maquette professionnelle que nous n'aurons jamais la possibilité d'enregistrer sans producteur. Ils ont du talent et c'est une chance pour elle que le chanteur soit partit mais...seulement sans Flame le groupe n'existe plus...

Il renifla bruyamment, les yeux humides, je ne trouvais pas les mots justes, c'était lui le plus fort pour remonter le moral des autres, pas moi.

-Lucy, c'est l'âme de Burning Flame, sans Dougie, on peut s'en sortir mais sans elle c'est impossible tu comprends ?

Lui dire que j'étais déjà au courant aurait été inutile et gratuit. Je m'approchai et posai une main réconfortante sur son épaule.

-Vous êtes encore 3, ne dit pas que c'est fini, il vous suffit de trouver un chanteur ou une chanteuse. Je suis sûre que quelqu'un arrivera à sauver Burning Flame.
-Non Maddy, il n'y a plus de Burning Flame, il n'y a plus de Flame ! Je n'en veux pas à Lucy et je crois que c'est le pire, je savais qu'un jour elle allait nous quitter. C'est son rêve, qu'est ce qui pourrait l'arrêter ?

Il soupira et pris la main que j'avais posée sur son épaule quelques secondes plus tôt entre ses deux paumes brûlantes.

-T'es quelqu'un de bien Harry !

Il laissa échapper un rire doux et légèrement forcé et je le pris dans mes bras sentant le besoin oppressant de le protéger des effets néfastes de sa déception. Il m'enlaça à son tour, réceptif à cette curieuse bulle d'adoration qui nous avait capturé.

-Ah ok, je vois, désolé de vous avoir dérangé !

Cette voix rauque traversa ma poitrine comme une balle et mon c½ur cessa de battre un instant. L'étreinte de Harry se desserra instantanément et je sentis l'air froid de la rue prendre la place de ses bras creusant un vide dans cette bulle qui m'avait tant fait du bien.

-Danny ! Cria Harry avant de le poursuivre.

Je restai là, immobile, à me demander si cette scène digne d'un mauvais feuilleton aurait des conséquences. Difficile de mettre au clair ce qui ne l'avait jamais été. Danny nous avait surpris, Harry et moi, en train de nous enlacer. Une étreinte amicale et réconfortante, rien de bien méchant. Danny l'aurait-il pris pour autre chose ? Je me surpris à bouillir de plaisir, à frémir d'excitation. Serait-il jaloux ? Je posai une main affolée sur ma bouche en poussant un cri muet. Ce n'était ni la réaction de Danny, ni celle de Harry qui m'angoissées, c'était ma propre conscience, mon propre sadisme. J'étais heureuse et je tremblai d'une satisfaction égoïste et cruelle, pourtant qu'est ce qui aurai pu me rendre heureuse ? J'étais seule au milieu de la rue, Danny devait m'en vouloir, non, il devait en vouloir à Harry par ma faute, j'avais mis le bazar sans âme ni conscience et j'en était presque contente. Je gémis de honte et me portai jusqu'aux marches cachées par une rambarde de pierre. Je me laissai glisser sur l'une d'entre elle, mon corps désormais trop lourd pour tenir debout, mes allures de clocharde ne me donnèrent pas plus de force pour me lever. Ce que les passants pensaient, je n'en avais strictement rien à faire. J'avais honte de moi comme j'avais peur de la réaction Danny. Ma spontanée joie avait laissé place à une angoisse viscérale qui engourdissait mon corps le laissant de plomb sur le béton froid et sombre de la rue. Quand la porte du club claqua je ne fis pas l'effort de tourner la tête, une ombre s'étira devant moi, agrandit par la lumière fébrile du réverbère, puis une autre vint la rejoindre.

-Dan mais qu'est ce que tu crois ? Maddy est mon amie, on s'entend bien, c'est tout !
-J'en ai rien à faire Harry ! Ca ne me regarde pas ! Je suis désolé de vous avoir interrompu !

Je me redressai soudainement et approchai mon visage du rebord de la rambarde de façon à voir la scène. Le ton calme et serein de Danny me déçu.

-T'es vraiment un imbécile ! Cria Harry en riant.

Son interlocuteur se retourna en fronçant les sourcils devant l'air amusé de son ami.

-Lucy abandonne le groupe et Maddy me réconfortait, il n'y avait aucun sous entendu ! Et si tu t'en fou est ce que je peux savoir pourquoi tu réagis comme un gamin ?
-Je ne réagis pas comme un gamin, je suis fatigué et je veux rentrer chez moi, c'est un crime ?
-Tu dois raccompagner Maddison !

Danny soupira.

-Dan arrête de jouer au mec inaccessible et insensible, si tu continues tu vas finir par la perdre !
-Je n'ai rein à perdre !
-T'es vraiment borné, je te connais et tu sais que tu peux m'en parler !
-Mais il n'y a rien à dire Harry ! Maddy est une amie pour moi aussi, il n'y a rien de plus !

Chacun de ses mots perfora mes côtes comme des coups de couteaux. Un voile d'eau me brouilla la vue et une larme froide caressa ma joue. Je tentai d'enfoncer mes doigts dans la pierre glacée des escaliers mais je sentis juste mes ongles se plier douloureusement sous mon poids.

-Ne va pas lui faire croire quoi que se soit ! Elle n'est pas Linda et elle ne la remplacera jamais! Ajouta Danny.

J'appuyai ma tête contre la rambarde et entrouvrit la bouche dans l'espoir de pouvoir respirer. Je jetai un coup d'½il autour de moi essayant de contenir la vague de douleur qui s'était mise à couler dans mon sang avec perversité. Que m'arrivait-il ? Je me repliai, serrant mes côtes pour ne pas me déliter.
Je suffoquai, découvrant à quel point le monde était superficiel, un ciel étoilé, l'odeur de la mer, le souvenir de Peter, l'amitié de Harry, sans Danny, le monde n'était rien qu'une façade ironique et cruelle, sans lui, rien ne paraissait réel et digne d'être vécu. Une force inconnu se saisit de mes côtes jusqu'à me priver d'air et je gémis de souffrance, mes veines me brûlaient rageusement, mon corps ne semblait plus m'appartenir et je le regardai comme si il était possédé. Je serrai les dents étouffant le prénom de Linda avec le sentiment mortel qui me morcelait à présent. Le pathétisme de cette scène m'arracha un cri de rage inaudible, comme si la boule qui oppressait ma gorge ne laissait plus passer aucun son. Résignée à contenir toute cette souffrance à l'intérieur de mon corps, moins fragile que je ne l'aurais cru, je fermai les yeux jusqu'à ce que l'image tremblante du visage de Danny daigne enfin disparaître. Tentative vaine.
Je ne saurai expliquer quelle force me permis de me remettre sur pied, d'effacer les coulées de larmes sur mes joues et de parler sans sangloter. Je fit un pas, comme guidée par une présence intérieur et me trouvai face à Harry et Danny qui me dévisageaient gravement.

-Maddison, murmura ce dernier pour lui-même.
-Ramène moi chez moi, lançai-je sans le regarder en marchant vers l'endroit où il avait garé la moto.

Si j'avais croisé son regard, je me serai mise à pleurer comme une idiote, il ne le méritait pas et moi non plus malgré mon effroyable tendance à me faire des films. J'eus à peine le temps d'entendre Harry siffler entre ses dents « T'es vraiment con » qu'une main se referma sur mon épaule.

-Lâche moi ! Hurlai-je telle une tragédienne à Danny.

D'un coup d'épaule violent je le fit lâcher prise et il attrapa mon poignet de façon à ce que je me retourne.

-Maddy...
-Je t'ai demandé de me lâcher ! Lâche moi ou je cris !

J'avais parfaitement conscience de mon comportement puéril et mélodramatique pourtant sentir sa peau contre la mienne était encore plus douloureux que d'entendre le son de sa voix.

-Tu n'aurais pas dû entendre ça ! Je ne voulais pas que tu l'entendes.
-C'est trop tard, fallait y penser avant !

La clarté de ma voix m'étonna. Une fois devant la moto Danny me tendit un casque, je le lui arrachai des mains sans le regarder.

-J'arrive pas à parler, murmura t-il comme si cet effort lui coûtait toute sa force.

Je serrai les poings.

-Il faut toujours que tu gâches toutes les soirées, m'écriai-je.

Je secouai la tête espérant mettre au clair toute les phrases, tous les mots qui se percutaient violement dans mon cerveau.

-Ramène moi chez moi s'il te plaît, ajoutai-je comme un soupir.

Il n'ajouta rien, ne répliqua rien, il fit ce que je lui avais demandé de faire sans un mot. M'accrocher à ses hanches durant le trajet me coûta plus de force que je ne l'aurait cru, le casque me donnait une sensation d'asphyxie insupportable.
Une fois dans ma rue, il s'arrêta à quelques pâté de maison de chez moi de façon à ce que mon père ne nous surprenne pas sur cet engin démoniaque. Je descendis en évitant soigneusement qu'il me touche, j'ôtai mon casque dos à lui et le lui rendit sans me retourner, craignant qu'il voie mes yeux rougis par mes pleurs.

-Je te raccompagne...
-Non !
-Maddison je...
-Ne te justifie pas ! J'ai compris.

Une main nerveuse glissant dans mes cheveux j'accélérai le pas jusqu'à ma maison, qui pour une fois me parut être le refuge idéal.


Ce n'est pas du sadisme, ne m'en voulez pas!! xD

Voilà, j'ai repris en main la première fiction que j'avais écris avec une amie. Vu que je n'ai pas de nouvelle d'elle xD, bin je vais la faire toute seule. Passez faire un tour si vous avez le temps !( tout les textes ont été revus et corrigés ^^)

# Posté le mercredi 30 avril 2008 13:42

Modifié le lundi 12 mai 2008 12:39

CHAPITRE 8: LISTEN TO MY VOICE

 CHAPITRE 8:  LISTEN TO MY VOICE
. Quand j'ouvris la porte mon père était dans la salon, j'entendais les cris d'un commentateur de match de foot, je tentai de vite filer dans ma chambre évitant ainsi ses questions sur cette effroyable soirée, je savais aussi que je ne pourrais plus retenir longtemps mes pleurs.

-Papa je suis rentré, lançai-je en me dirigeant vers les escaliers qui menait à ma chambre.
-Tu t'es bien amusée ?
-Oui oui, lançai-je en éclatant en sanglot.

Je courus presque vers ma chambre espérant que mon père n'est pas remarqué ma voix tremblante mais il était trop tard, il me rattrapa dans les escaliers.

-Chérie qu'y a-t-il ?
-Rien papa. C'est rien !
-Tu peux me parler tu sais.

Je secouai la tête, les yeux rivés sur le sol.

-Bien...bonne nuit ma chérie, si sa ne va pas, je suis là...

La discrétion de mon père me surpris. Je l'embrassais sur la joue et montait m'enfermer dans mon refuge.
Je m'assis sur mon petit balcon, la nuit était fraîche mais supportable, le silence me soulagea, le ciel, noir, rendait l'immensité des étendus de masse bétonneuse bien plus petite que quand le soleil frappait. Je pleurais ouvertement, quel soulagement. Je ne savais plus réellement à quoi penser, à Danny, à Linda, à moi ? Le triangle douloureux m'avait éreinté, comme une piqûre de morphine le vent parvenait à calmer mes spasmes et les douleurs articulaires du à mon corps contracté. Peu à peu j'oubliais pour me plonger dans le vide relaxant de l'univers, mes yeux se fermèrent et je commençai à me détendre sentant le sommeil prendre possession de moi.

Je ne m'était pas réveillé au milieu de la nuit, ni tôt dans la matinée à vraie dire et mon cou commençait à ressentir les méfaits d'une nuit de sommeil à moitié replié sur mon balcon. J'en avait presque oublié la douleur immuable de mon petit coeur. Il était engourdi encore. Le soleil se levai. La conscience s'installait pour finalement me rappeler l'affliction qui m'avait ligotée de ses longues et solides cordes.
La nuit porte conseil dit-on, peut être n'était-ce pas qu'un proverbe absurde et irrationnel. Cette nuit m'avait permis de remettre en ordre les nombreux tourments qui m'avaient noyé dans leur jus amer et toxique. Au moins je n'avais pas fais de cauchemars.
Si j'avais mal, il était tout aussi évident qu'en vouloir à Danny n'aurai résolus aucun problème. Il n'était pas le responsable même si je rêvais déjà qu'il plaide coupable. La condamnation allai être douce, presque imperceptible...j'allais accepter, me résigner. Après tout il souffrait autant que moi. Je ne serais jamais Linda, il n'y avait pas de contre arguments, il ne m'avait pas blâmer ni insulter, il avait été honnête et qui plus est avec son meilleur ami. Peut être n'aurai-je pas du jouer les espionnes.

Je m'étirai, aussitôt surprise par la douceur de l'air. Je réalisai peu à peu qu'il ne faisait pas froid, le soleil couvrait de ses chaleureux rayons la ville et mon visage par la même occasion. C'est en gémissant que je parvint à me lever, entre un mal au coxis et un torticolis vigoureux. Je jetai un rapide coup d'oeil au réveil posé sur ma table de nuit, 10h20. La nuit avait été plus longue que je ne l'aurai pensée.

Je trouvai mon père dans la cuisine, avachit sur une chaise, le journal du jour à la main.

-Oh Maddy, bien dormis chérie?

Avec sa voix tracassée il ne s'attendait certainement pas à ce que je réponde oui.

-Où est le jus d'orange?
-Ne change pas de sujet, je n'ai pas voulus te harceler hier mais j'aimerais savoir pourquoi tu es rentrée à la maison en pleur, déclara t-il en posant son journal sur la table avec détermination.

Impossible d'échapper à l'entretien, quand mon père décidait de me tirer les verres du nez, il n'arrêtait pas avant d'avoir obtenue mes confessions ou une bêtise que je serai parvenu à lui faire gober.

-Quelqu'un t'as fait du mal? Ajouta t-il.
-Je t'en pris papa!
-Maddison je m'inquiète! Je t'ai rarement vu heureuse depuis que nous avons emménagé.

Comment lui avouer que je ne le serai pas plus durant les mois à venir?

-Je vais bien, affirmai-je en attrapant le toast qui venait de jaillir du grille pain.
-Je te connais par coeur, tu es ma fille.
-Alors tu devrais savoir que je n'ai réellement pas envie de parler de mes problèmes avec toi!

Il esquissa un sourire déçu. Pire qu'une claque. Décevoir mon père, j'avais l'impression de ne savoir faire que cela. Je haïssais sa sérénité et ses soupirs flegmes, j'aurais préféré un cri inhumain à tant d'amertume.

-Papa, si c'était grave je te l'aurais dit, ne te fais de soucis s'il te plaît!
-C'est à cause d'un garçon?

Cette fois mon coeur manqua un battement. Le sujet tant redouté avait trouvé un échappatoire, à moi d'en trouver un désormais. Je grognais espérant qu'il se rende.

-Je sais que...c'est difficile d'aborder ce sujet tout les deux. Je sais aussi que ta mère te manque...
-Papa je t'en supplies maman ne me manque pas, elle n'a jamais existé, c'est toi ma famille, ne fais pas de complexes!
-Que tu le veuilles ou non Maddy je ne peux pas combler tout tes besoins, je ne peux pas assumer ce rôle maternel. Il y a des choses dont on parle à une mère plus facilement qu'à un père. C'est la vie. Je le regrette mon coeur, mais sache que si tu veux parler, je peux écouter et je ferais mon possible...tout mon possible...

Une boule dense dans ma gorge étouffa un gémissement. Ma mère avait toujours était un sujet tabou entre moi et mon père. Elle ne me manquai pas, pas en elle même. Je manquais juste d'une mère.

-Je le sais papa...

Il hocha la tête, soulagé et je lui offrit un tendre sourire de réconfort.

-Je suis plus solide que tu le crois, ajoutai-je.

J'aurais tant voulu le croire, comme mon père venait de le faire. Je l'embrassai sur la tempe et sortit de la cuisine d'un pas agité cherchant à m'échapper rapidement de ce labyrinthe d'angoisses.

***

Je n'aurais jamais cru pouvoir dire cela un jour, mais me plonger dans mes exercices de maths et tenter de résoudre un problème de probabilité me permis de me vider la tête. 3 heures plus tard, j'avais finis mes devoirs, je sentais les affres qui m'avait abusé la veille se répandre à nouveau en moi. Il fallait que je trouve une occupation rapidement avant de sombrer dans une dépression sans nom.
Je descendit, déterminée à changer d'air, rester enfermée ne m'aiderait certainement pas à oublier, d'autant plus que le temps était encore étrangement ensoleillé pour un mois de septembre.

Le bruit du trafic et le brouhaha de la foule n'avait jamais été aussi bénéfique que cet après-midi là. Je ne pensais presque plus. Sans savoir où je me rendais, je continuais de marcher lentement, tentant d'écouter les conversations de chacun des passants.
Et dire que je n'avais jamais cru au destin, il aurait été difficile de croire au hasard en voyant la voiture de Luke, somptueuse et son propriétaire, divin, garé devant un chic magasin de Brook street. Surprise, je me dirigeais vers lui, une soudaine envie de le serrer dans mes bras m'envahissant. J'avais tellement besoin de voir un visage familier qui ne me ferais pas penser à Danny.
Il me vit arriver et un sourire heureux s'empara de ses délicieuses lèvres. J'étais beaucoup trop sensible à son charme aujourd'hui à mon goût.

-Hey! Maddison!
-Comment tu vas?

Il me serra dans ses bras, sans que je n'ai besoin de montrer une seule de mes pulsions de désespoir.

-Je vais bien, enfin...mieux depuis que tu es là. Et toi?
-Super, mentis-je presque convaincante.
-Je t'avouerai que je ne pensais pas avoir l'honneur de te reparler un jour.

Je haussai les sourcils, étonnée. Sa voix était si mielleuse qu'il m'était difficile de répondre de peur qu'il ne reste muet trop longtemps.

-Depuis la dernière fois où tu m'as presque ignoré, lança t-il en riant, comme si ce genre de chose était impensable...et sa l'était.
-Pardon?
-J'avais supplié ma soeur pour qu'elle m'autorise à venir la chercher, je voulais te voir et...je n'ai même pas eu le droit à un bonjour, juste un signe de main.

La scène me revint soudainement à l'esprit. Cependant je ne m'en voulut pas réellement d'avoir agit ainsi.

-Excuse moi, j'avais la tête vraiment ailleurs ce jour là!
-Je te pardonne princesse. Tu aurais le temps de venir boire un verre avec moi?
-Je n'ai rien de prévu...

Mise à part me lamenter et pleurer sur mon sort bien évidemment.
Il m'emmena dans un bar non loin de là où nous nous étions rencontré. Le lieu était décoré avec goût et modernité, l'union du rouge avec le gris mêlait la froideur de l'aluminium à la douceur d'un velours vermeille, magnifique. Il m'invita à m'asseoir à l'une des rare table isolée avant de passer notre commande.

-Ton nez a l'air d'aller mieux, m'exclamai-je en souriant.

L'image de Danny galopa jusqu'à la zone rouge de mon cerveau...sujet à éviter, ou alors j'étais vraiment suicidaire.

-Beaucoup mieux, il a eu de bon soin.

Il attrapa ma main qui était posée avec nonchalance sur la table en inox, et entrelaça ses doigts avec les miens. Je frissonnai, troublée et un peu effrayée par la rapidité des évènements. Néanmoins j'en oubliai ma soudaine montée d'adrénaline.

-Tu es belles.

Je laissai échapper un rire mal à l'aise, ce n'était pas le meilleur jour pour me le dire, soit c'était un hypocrite inclassable, soit il était réellement aveugle. Je détachai délicatement ma main de la sienne faignant de replacer une de mes mèches de cheveux.

-Luke...
-Sa va trop vite pour toi? Alors je vais ralentir, lança t-il amusé.

Sa conviction se lisait dans ses prunelles noires. Il devait être écrit quelque part qu'un homme sûr de lui pouvait atteindre la lune en claquant des doigts. Qu'il ne ralentisse pas ou alors j'allais courir après ses incroyables sourires très longtemps. Était-ce ma dépression journalière ou simplement son charme invraisemblable qui me rendait plus fluide que l'eau, là, sur ma chaise?

-Luke...je peux te poser une question?

Ma voix oscillait indécise. Il n'eut pas besoin de répondre pour que je comprenne qu'il m'écoutait déjà avec attention.

-Linda Wincolm...

Je marquai une pause examinant le moindre changement d'expression, pourtant ses traits restèrent identiques.

-Tu penses encore à elle?

Cette question m'avait perforée le ventre pendant tellement longtemps, je regrettai presque que Danny ne soit pas celui à qui elle s'adressait. Luke me sourit, il baissa la tête nouant ses deux mains derrière sa nuque.

-Oui.

Cette fois il enveloppa mes deux mains au creux des siennes, ses prunelles cruelles par tant d'envoûtement se figèrent dans les mienne, plus hésitantes.

-Si il y a bien une chose que je peux te promettre, c'est que jamais elle ne m'empêchera de vivre comme je l'entend.

Mes joues me brûlaient atrocement, rougies par l'effet d'embrasement de chacun de ses mots. Sans pouvoir le retenir, un sanglot acerbe s'échappa de ma gorge. Pourquoi n'y avait-il aucune façon, aucun moyen d'échapper à l'image mortelle de Danny Jones? Je sentit les mains de Luke se resserrer.

-Je te le ferais oublier..., chuchota t-il dans un souffle presque trop naturel pour me rassurer.

Lisait-il dans mes pensées? Les lèvres tremblantes, j'entrouvris la bouche dans l'espoir de pouvoir nier une quelconque attirance pour Danny. C'était impossible.

Ses bras robustes m'attirèrent plus près de son visage. La table n'était même plus un obstacle à l'attraction indéniable de nos deux corps. D'une douceur incroyable il se leva sans me lâcher la main droite. Je fut obliger de le suivre jusqu'à la sortie et l'idée que nous n'avions rien consommé ne me vint même pas à l'esprit. Plus que la lois de la gravité, la force qui me projetait vers lui ne laisser pas d'autre choix. La déception que m'avait infligé Danny n'était qu'une puissance supplémentaire à cet incontrôlable magnétisme. Était-ce la principale?

-Tu me laisserais t'emmener quelque part? Murmura t-il près de mon oreille le souffle court.

____________________________________


. Les prés verdoyants défilaient à toute vitesse mais je ne parvenais pas réellement à les voir, les gouttes de pluies avaient troublé ma vision et les vitres de la voiture de Luke étaient devenu le point fixe qui me permettait de me perdre dans mes pensées. Le soleil n'était pas resté longtemps perché dans le ciel tout comme le sourire réjouit sur mon visage. Luke avait des pouvoirs anesthésiants plus puissants qu'il ne m'aurait été permis de le croire, pourtant il prenait fin dès que ses prunelles noires ne me fixaient plus. La douleur ambiguë qui torturait ma poitrine et jouait, vicieuse, avec mon c½ur semblait avoir pris ses aises et ne pas vouloir s'en aller. Pourtant cette sensation mortelle était bien trop excitante pour que je la maudisse et la bannisse de mon être tout entier. Elle appartenait à Danny, rien qu'à lui et c'était la seule chose certaine que je possédais de lui, une preuve irréfutable de son emprise sur moi, pour une fois ma fierté n'avait que faire de cette intrusion qui me rabaissait à n'être qu'un pantin entre ses mains.

-Tu vas voir c'est vraiment calme là bas, sa change de la ville.

La voix vive de Luke me sortit de mes pensées brusquement. Nous étions déjà hors de Londres depuis quelques bonnes minutes, il désirait m'emmener dans un endroit qu'il adorait. Si cette idée m'avait ravi durant les premiers instants où j'étais entré dans la voiture, à présent elle me frustrait. Plus je m'éloignais de cette ville et plus mon c½ur se serré. Il alluma l'auto radio dans une manoeuvre habile et me lança un sourire presque trop assuré pour paraître naturel. Un jingle agaçant brisa le silence et je grimaçai me concentrant de nouveau sur la pluie qui battait les vitres violemment.

-Tu sembles triste. Je me trompe ?

Ses yeux étaient rivés sur la route, ce qui me permis de ne pas bégayer d'embarras.

-Je pense à Chyandour. A chaque fois qu'il pleut ici, le paysage s'assombrit et tout devient déprimant. Là bas, quand il pleut, il y a le bruit de l'eau, l'odeur de la terre et de la mer, tout est si apaisant.

Il esquissa un sourire rassuré sans se déconcentrer. Si Chyandour n'était qu'une infime partie de mon mal-être immédiat, Luke semblait avoir cru l'idée qu'il en soit la totalité.

-Là où je t'emmène, la pluie est loin d'être déprimante.

Son sourire s'accentua et un éclair de satisfaction brilla dans ses yeux. Je fermai les paupières espérant consacrer encore quelques secondes aux millions de sentiments qui se brouillaient dans ma tête trop pleine. Je repensais à une autre journée de pluie, à une moto et à un sourire, un sourire ironique et irritant. Cette matinée là, Danny m'avait amené au lycée. Je me rappelais de la sensation inhabituelle que j'avais ressentis dans mon ventre quand mes bras tremblants avaient entourés sa taille. Je ne pus m'empêcher d'esquisser un demi sourire. Comment allais-je faire pour passer à autre chose ? Comment tourner la page d'un livre qui n'était pas encore ouvert ?
Luke tourna le volant d'un geste énergique et tira sur le frein à main en s'exclamant que nous étions arrivés. J'inspirai lentement pour me ressaisir et revenir sur terre. Mon monde intérieur était en bien trop mauvais état pour m'apaiser en ce moment. Luke m'ouvrit la portière et me tendis la main pour m'aider à sortir du véhicule.
Les gouttes froides de la pluie s'échouèrent sur mes joues provoquant une explosion de plaisir sur ma peau brûlante. Devant moi s'étendait un magnifique petit lac. L'endroit était désert, aucun mur de béton, aucune voiture, excepté celle de Luke et aucun signe d'une quelconque humanité. J'en restai paralysée, la surface de l'eau ondulait comme de la soie au contact de la pluie et le bruit du vent mêlé au flot d'eau qui tombait berçait mes tympans d'une mélodie calme et enivrante de perfection. Les couleurs étaient comme ravivée par le ciel grisâtre, des millions de contrastes de verts se mélangés dans un tableau splendide et relaxant. Luke ne s'était pas trompé, ce petit paradis terrestre n'avait rien à envier à Chyandour. Je me mis soudainement à imaginer ce magnifique endroit sous un soleil poignant et je ne doutais pas du fait qu'il devait cacher beaucoup d'autres merveilles.

-Et nous sommes à seulement 15 kilomètre de Londres, lança Luke qui venait d'aller chercher un parapluie dans le coffre.

Il se mit à côté de moi, pour m'abriter. Durant une bonne dizaine de minutes aucun de nous deux ne parla, trop absorbé par le curieux envoûtement que la nature exercé sur nous. J'aurais tout donné pour que Danny soit à mes côtés à ce moment présent, pour qu'il me prenne dans ses bras et que nous restions silencieux à regarder le petit lac réagir au torrents de pluie qui se déversé dans sa large gorge, juste bercé par le souffle régulier de l'autre. Je me sentis parcouru d'un frisson quand Luke enroula son bras derrière mon dos. Il n'était pas Danny et j'avais envie de pleurer maintenant. Sa main me rapprocha un peu plus de lui, je me laissai faire, me demandant si il était capable de réellement me guérir ce cette dépendance nocive. Je n'avais pas une envie poignante qu'il m'enlace ou qu'il soit tendre, mais j'avais besoin qu'il le fasse, j'ignorais pourquoi. J'appuyai ma tête sur son épaule et fermai les yeux quand ses lèvres, douces, se posèrent sur mon font.

-Je me sens mieux, murmurai-je.

Je ne mentais même pas.

-Alors je me sens mieux aussi.
-Luke qu'est ce que tu me trouves ? Demandai-je la voix toujours aussi basse, comme si le fait de parler fort pouvait rompre la magie du moment.
-Je crains que la liste soit longue.
-Je suis si banale...
-Tu es tout sauf banale Maddison. Tu es loin d'être le genre de fille que l'on croise à chaque coin de rue.

Je relevai me visage de façon à pourvoir le regarder. Son air de garçon sûr de lui avait complètement disparu laissant sa place à la fragilité expressive et inhabituelle d'un homme charmé.

- J'aime tes yeux parce que la moitié du temps ils sont incapable de cacher ce que tu ressens. J'aime tes sourires, ta voix. J'aime la sensation que tu me donnes, j'ai l'impression de devoir me battre pour que tu daignes t'intéresser à moi. J'aime le fait que tu sois magnifique et que tu l'ignores complètement, c'est affreusement attirants...tu rougis pour pas grand-chose, tu es si peu sûre de toi...

Au fil de ses paroles son visage s'était approché du mien. Je vibrais au son de chacun de ses mots, un peu plus envoûtée à chaque fois. Quelle fille normalement constituée n'aurait pas sentis son corps se liquéfier en entendant de pareilles paroles ? A présent ses pupilles étaient étincelantes, miroitantes et je ne voyais au travers que mon propre reflet, j'avais la sensation d'être la septième merveille du monde. Mon c½ur accéléra son rythme et un fluide de désir se répandit dans mes veines. Plus rien ne m'était perceptible. Il n'y avait plus que son souffle tiède sur ma peau, sa main puissante dans le bas de mon dos, ses lèvres entrouvertes, son odeur, ses yeux...
Ses lèvres se posèrent sur les miennes avec une douceur que je ne lui connaissais pas, goûtant avec délicatesse le désir sucré qui émanait de moi. De plus en plus avide, j'entourai son cou de mes bras tremblants et son étreinte se resserra. Me détachant de sa bouche à contre c½ur une demi seconde, je lui arrachai le parapluie des mains pour le jeter sur l'herbe trempée et il posa sa main de nouveau libre sur mes reins. Les gouttent s'abattirent sur nous, impassible, ne parvenant pas à éteindre le feu hardant qui nous consumait. Il me serrait de plus en plus fort contre son torse puissant, comme pour que nous ne formions plus qu'un. Si il ne m'avait pas soutenu je me serais effondrée sur le sol, mes jambes vacillaient tellement. Une de ses mains glissa jusqu'à mes cheveux et comme pour que je ne puisse plus m'échapper il attira mon visage encore un peu vers le sien. Notre baiser devenait plus sauvage et j'en frissonnai. Le c½ur battant, le sang bouillonnant, la sensation d'une liberté retrouvée envahit mes entrailles et je ne pu m'empêcher de sourire contre ses lèvres insatiables.
Il se recula de quelques centimètres sans défaire son éteinte.

-Et maintenant j'aime ce que je ressens quand je t'embrasse...
-Et qu'est ce que tu ressens ? Demandai-je le souffle court, encore troublée par ce baiser.
-Je n'en ai aucune idée, répondit-il en laissant échapper un léger rire, mais j'adore ça.

J'enfouis ma tête au creux de son cou et il joua avec mes cheveux du bout des doigts.

-Est-ce que je peux envisager que ce baiser est le début de quelque chose ?

Je n'aurais jamais douté si il ne m'avait pas posé la question. J'étais bien avec lui, même très bien, seulement l'image de Danny était réapparus avec encore plus d'amertume. Je me mordis les lèvres, je réalisai alors que le goût de celles de Luke me manquait déjà.

-Oui..., mais laissons faire les choses...

Il me serra un peu plus fort, comme soulagé. Luke était un homme plus un adolescent, il savait ce qu'il voulait et j'étais consciente de tout ce qu'il pouvait m'offrir, j'étais absolument certaine qu'il était sincère. Être dans ses bras était magique, il avait la maturité que toute fille de 17 ans recherche. Bien plus adulte que Peter et Danny réunis.
Il déposa un nouveau baiser sur mes lèvres, bien plus rapide que le premier.

-Je crois que je devrais te ramener chez toi maintenant, il se fait tard. Et en plus nous sommes trempés.
-Quel heure est-il ?
-18 heure.

Je ne pu m'empêcher de rire.

-Tu crois quoi ? J'ai la permission de minuit!
-Minuit ? C'est vrai ? Ironisa t-il. Dans ce cas je te propose de te ramener et de revenir te chercher plus tard pour un dîner cher Gloria's. Qu'en dis-tu ?

Gloria 's était un restaurant italien très réputé à Londres. La carte était atrocement chère.

-Tu rigoles ?
-Non, pourquoi tu ne veux pas aller dîner ?
-Si...mais chez Gloria's ? Enfin, je veux dire c'est très...
-Ça ce n'est pas ton problème !

Il déposa un baiser sur mon front et me poussa délicatement vers la voiture. En un quart de seconde je réalisai la situation. Non seulement je n'étais plus célibataire, mais en plus, je sortais avec un garçon de 20 ans, au physique de dieu grec et plein au as, j'aurais du me réjouir seulement ce n'était pas ce garçon là qui hantait mes nuits. Il démarra la voiture et pris le chemin du retour en silence, me lançant quelque regard de temps à autre tandis que je frictionnais mes bras dans l'espoir de me réchauffer dans mes vêtements dégoulinant.

Le retour me parut bien plus rapide que l'allée. J'indiquai le chemin jusqu'à chez moi à Luke et il me déposa devant ma maison de brique rouge dans une atmosphère plus qu'heureuse. La nuit était déjà tombée et la rue était faiblement éclairée par les quelques réverbères qui ornaient le trottoir. Je m'apprêtais à sortir quand je cru apercevoir un objet non loin de l'entrée de ma maison. C'était une moto, j'en étais certaine. Mon c½ur commença à battre la chamade, entre espérance et peur. Qu'est ce que Danny pouvait bien faire chez moi à cet heure ci ? Ou peut être n'était ce pas sa moto ? Je fermai les yeux tentant rapidement de me ressaisir.

-Alors je reviens te chercher plus tard ? S'enquit Luke.
-On est dimanche soir j'avais complètement oublié, demain j'ai cours. On remet ça ?

Si Danny était réellement le propriétaire de cet engin je ne trouverai vraiment pas le courage de sortir avec Luke ce soir, il valait mieux annuler. Il acquiesça, un peu déçu et avança son visage vers moi. J'étais complètement perdu, presque étonnée je me rappelais soudainement que Luke n'était autre que mon petit ami à présent, il attendait seulement que je l'embrasse. Je posai mes lèvres sur les siennes et mes craintes s'estompèrent quelque peu. Je ne regrettais rien, non, Luke était quelqu'un de bien, du moins je me forçais à le croire.
Dans un dernier signe de main, la voiture démarra et m'abandonna seul à mon sort. Chacun de mes pas sembla être une torture supplémentaire pour mon c½ur. J'ouvris la porte, tendant l'oreille pour capter le moindre indice de la présence de Danny chez moi, mais je n'entendis rien, juste le bruit de la télévision masqué par les ronflements de mon père. Je soupirai, presque déçu. A quoi est ce que je m'attendais ? Que serait-il venu faire chez moi ?
Après avoir recouvert mon père d'un plaid, pour qu'il n'attrape pas froid, je montai dans ma chambre. Je n'avais pas faim, j'avais froid et j'étais morte de fatigue, mais le pire était que je commençai à réaliser que pour oublier Danny il me faudrait bien plus qu'une histoire avec Luke.


***

. Le sac sur une épaule, j'entrais à nouveau dans l'arène pour une semaine supplémentaire. J'aurais voulu fuir, partir le plus loin possible de cette ville, de ce pays. Oublier Danny, abandonner Luke et ne plus penser à rien. Mon cerveau était l'abri d'un combat sanglant qui me réduisait à n'être qu'une spectatrice assidue du film de ma vie. J'avais la sensation frustrante de ne rien contrôler. Je n'était plus vraiment seule à présent, Luke était là, seulement je ne pouvais rien partager avec lui de mes problème et des questions que je me posais sans cesse. Je me demandai alors depuis combien de temps ne m'étais-je pas sentis bien et sereine. Impossible de trouver une réponse. Pour le moment la question du jour était "devais-je annoncer aux autres mon idylle avec Luke?". Une petite voix en moi se contentait d'acquiescer et de me répéter "qu'est ce qui pourrais faire plus mal à Danny!" Je n'avais aucune envie qu'il souffre, je voulais juste qu'il comprenne, était-ce un crime? Luke lui avait déjà pris Linda une fois mais je n'étais pas Linda après tout, il l'avait dit lui même. Pourquoi m'accrocher à lui alors qu'il ne ressentait rien de tout ce qui me tiraillait les entrailles?
Je ne cessais de me contredire, ma tête était sur le point d'exploser.

-Hey Maddy! Tu es partie comme une voleuse samedi soir! s'exclama Lucy en me prenant par les épaules.
-Je suis désolé, je me sentais mal.

Ce n'étais pas réellement un mensonge, c'était peut être la chose la plus vraie que j'avais prononcée depuis des jours.

-Oui c'est ce que Harry m'a dit!

La sonnerie retentit et Flame me tira par le bras jusqu'à notre salle de cours pour que nous ne soyons pas trop en retard, bien que cette idée me soit complètement égale.

Les cours s'enchaînèrent, rien de plus quotidien et lassant. J'avais redouté toute la matinée l'heure du déjeuner, l'heure où nous allions retrouver tout le monde, et surtout Danny.
A présent Lucy m'attendait devant la salle et je rangeai mes affaires en prenant soigneusement mon temps.
Je ne pourrais pas m'éclipser éternellement.

-Cet après-midi j'ai rendez-vous au studio, on va faire un essai! S'exclama t-elle réjouit.
-J'en conclu que tu es officiellement la nouvelle chanteuse de ce groupe.
-Tout à fais! Ils ont adoré mon énergie samedi figure toi! Je ne sais toujours pas comment annoncer aux garçons cette nouvelle, lança t-elle en grimaçant.
-Tu trouveras le bon moment.

Quant à moi, je ne trouvais pas le moment idéal pour annoncer à Lucy que je sortais avec le frère de sa pire ennemie. Je ne pourrais pas le cacher indéfiniment, surtout que Luke risquait de pointer le bout de son nez à trois heure, à la fin des cours.

-Ma vie est sur le point de devenir parfaite! Il y a juste un hic, je suis toujours célibataire!
-Dougie est toujours l'heureux élu? M'enquis-je.
-A vraie dire, non. Il est avec Angela et...je me suis rendu compte qu'il était trop immature.

Valait mieux tard que jamais, j'aurais tellement voulu être à sa place. Et en parlant de maturité...

-Lucy...il faut que je te dise quelque chose.

Son visage pris l'expression presque effrayante d'une hysterique au bord de l'euphorie. Je fit deux pas en arrière.

-Tu as craqué sur un garçon, c'est ça? Ah enfin Maddy, il était temps!

Effectivement...les mots s'étouffèrent quelque peu dans ma gorge. Quitte à la fâcher autant ne pas faire durer le suspens.

-Hier, j'ai rencontré Luke en ville...

Son sourire s'estompa.

-On a fait un tour et...on s'est embrassé.

Voilà, je l'avait dit. La mine abasourdit de Lucy me donna des frissons mais je n'avais pas peur, parce que j'avais pleinement conscience de ce que j'avais fais, je savais aussi pourquoi je l'avais fais. Une autre amie m'aurait sauté au cou pour me demander les details alléchant de ce baiser sous la pluie, mais je savais bien que Lucy ne le ferait pas et je ne m'en portais pas plus mal.

-Dis moi que c'est une blague! Pas Luke?
-C'est un garçon bien, tentais-je sachant pertinemment qu'elle ne s'adoucirait pas d'aussitôt.
-Maddy, écoute moi! Luke est incapable de vivre une relation sérieuse. C'est un coureur.

Je préférais sortir avec un coureur plutôt que de courir après l'homme qui me faisait tant souffrir mais ça, je ne le lui dirais certainement pas.

-Je crois qu'il est sincère.

Lucy allait répliquer quand Danny, Harry et Tom firent leur apparition. Je soupirai en serrant les poings, si il me sauvaient sur ce coup, je redoutais que Lucy ne soit trop bavarde. Si elle ne se calmait pas rapidement, elle serait incapable de tenir sa langue et tout le monde serait au courant.

-Hey Lucy t'es encore sur les nerfs? Demanda Tom en la charriant.

Je priais silencieusement pour qu'elle ne révèle pas le sujet de notre précédente conversation quand une main trop familière me tira à l'écart. Soudain prise d'une haine et d'une rancoeur violente, j'épprouvai le besoin de lui hurler mon "secret" en pleine face.

-Est ce qu'on pourrait parler à 3 heure?
-Danny j'ai...
-Il faut qu'on s'explique!

Son ton était brutal, je sentit la déception resurgir, prendre le pas sur ma fureur et la petite voix qui m'avait harceler le matin même se fit plus forte presque insoutenable.

-A trois heure je ne peux pas! Luke doit venir me chercher!
-Luke?

J'avais pleinement conscience de mes enfantillages mais j'adorais ça. Je voyais ses pupilles se rétracter et une étrange lueur de haine assombrir le bleu intense de ses yeux.

-Oui, Luke Stevens! Mon petit copain!

J'avais la sensation de tenir un revolver entre mes doigts et chacun de mes mots venait de lui perforer la poitrine cruellement. Si cette idée m'avait fait jubiler quelques secondes auparavant, à présent elle me dégoûtait. Je me pinçai les lèvres devant son regard ébranlé et ses poings serrés. Je me détestais.

-On peut parler maintenant si tu veux...

Il secoua la tête promptement et s'éloigna d'un pas vif tandis que j'éprouvais l'envie incontrôlable de m'enfoncer sous terre et de me fondre dans le noyau terrestre...l'enfer?


Voilà, j'ai repris en main la première fiction que j'avais écris avec une amie. Vu que je n'ai pas de nouvelle d'elle xD, bin je vais la faire toute seule. Passez faire un tour si vous avez le temps !( tout les textes ont été revus et corrigés ^^)

# Posté le vendredi 09 mai 2008 09:32

Modifié le dimanche 25 mai 2008 13:47

CHAPITRE 9: JUST HOLD ME

 CHAPITRE 9:  JUST HOLD ME
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"Quand quelqu'un a vécu au travers d'innombrables déceptions, qu'est ce qui peut encore compter? Après avoir connu la trahison dans la vie, on ne devrait plus pleurer. On doit réaliser que tout est un mensonge. Que rien n'est vraie. On doit vivre pour les moments heureux, on doit apprécier ce qu'il y a à apprécier. Puisque quand tout a été expliqué, la vie est un rêve."


Il était évident que Arsenio Rodriguez avait compris le secret détestable de la douleur dans la douleur et le désir vain de s'accrocher à la vie. Pourtant, j'avais beau relire ces quelques mots, je ne parvenais pas à les graver dans ma tête. Ne pas s'accrocher à la vie, ne rien attendre d'elle, tout ceci m'était presque trop surréaliste et insensé. Preuve de l'extravagance et d'une prétention inqualifiable. Arsenio pouvait-il prétendre être au-dessus de la loi de l'humanité? Si tout était un mensonge alors nous serions de bien trop bon comédiens.

-Maddison on y va!

Je tressaillis lâchant mon livre expressément par-dessus le balcon. La voix de mon père avait beau être enrobée de miel ces derniers temps elle m'excédait.

Je soupirai en me résignant à descendre pour dire au revoir à mon paternel si lâche et à sa poule de luxe. Quoi de plus répugnant que de savoir que durant deux semaines la personne qui vous a élevé va s'envoyer en l'air avec la personne la plus exécrable de ce monde? Et ceci pendant que vous serez seul dans une maison morbide aux allures de vielles bicoque dégradée.

-Bye.

Je levai la paume de ma main droite en l'air espérant que cela suffise et marchai jusqu'à sous mon balcon dans l'intention pressante de retrouver mon livre.

-Maddison Faiver reviens ici dare-dare, s'écria mon père sous une soudaine pulsion d'autorité.

Inutile de jouer à la fille insolente maintenant, ils allaient quitter les lieux dans exactement 4 secondes et demi. Je me traînai jusqu'au pied de mon père, l'embrassai sur la joue et fit apparaître sur mon visage un sourire bien plus faux que ce que Arsenio venait de m'enseigner.

-Amusez-vous bien!

Mon père parut satisfait et suivi Clara jusqu'au taxi. Ils avaient décidé de s'envoler pour la France durant mes deux semaines de vacance, Clara avait de la famille là-bas et c'était "une occasion unique pour changer de paysage" selon mon père, comme si la France se trouvait à l'autre bout du monde. La seule chose que je parvenais à concevoir c'était qu'il m'avait tout bonnement abandonné durant les seules vacances qu'il pourrait prendre cette année. J'avais beau être déçu, depuis plusieurs semaines rien ne parvenait réellement à m'atteindre. Depuis mon premier baiser avec Luke, j'avais cette sensation frustrante d'avoir fait une marche arrière démesurée dans ma relation avec Danny, de plus Lucy s'acharnait à me convaincre de rompre. Mais sans succès. Luke est moi c'était sans doute la chose la plus réussie de ma vie actuelle, il parvenait à me faire oublier quelque peu mes problèmes. J'avais une ou deux fois réfléchis à la question d'une rupture, mais plus Danny m'ignorait plus l'envie de le narguer me grignotait le ventre. J'admettais que ce n'était pas une histoire d'amour, du moins pour ma part, cependant, il me plaisait, qu'il y ai des sentiments forts ou non, j'étais bien avec lui. Que demander de plus?

J'attrapai mon livre et soupirai, les pages étaient toutes cornées sans exception. Revenons en à toi Arsenio. Il y avait bien un point que j'approuvais, "apprécions ce qu'il y a à apprécier".

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Depuis 3 semaines je sortais avec Luke, depuis 3 semaines Danny m'ignorais et depuis 3 semaines je pensais à lui de façon démesurément obscène et cruelle pour le garçon qui tentait de me satisfaire. J'en étais arrivée à une conclusion plus que satisfaisante, guérir de Danny était impossible, il était une cicatrice bien trop profonde creusée dans ma chair. Pourtant, vivre avec était quelque chose d'envisageable, une chose à laquelle je n'aurais jamais songé 3 semaines auparavant.

C'est pour en partie, cette raison que j'avais décidé de passer ces vacances avec Luke et rien qu'avec lui. Mon père n'était pas à la maison et le champ était libre. Nous étions samedi, le premier samedi de ces superbes vacances qui s'annonçaient.

J'avais renoncé à passer la soirée avec Lucy et les autres malgré leurs supplications. Luke devait me rejoindre chez moi pour une "soirée en amoureux". J'aurai dû songer aux différentes tournures que cette soirée pouvait prendre, mais je ne m'inquiétais pas, il me respectait.

_________________________


L'alarme du four retentit et je me précipitai dans la cuisine, abandonnant Luke sur le canapé du salon. Quand j'entrai dans la pièce, un nuage grisâtre me coupa le souffle et l'odeur de brûler me piqua le nez.

-Merde, m'exclamai-je.

J'avais toujours été la pire cuisinière du monde, qu'est ce qui m'avait pris de vouloir faire un gratin dauphinois ce soir ? Ce n'était certainement pas de cette façon que j'allai impressionner Luke. Le plat entre mes deux gros gants de cuisine je contemplai le désastre en me mordillant les lèvres. Preuve de mon angoisse.

-Tu veux que je commande des pizzas ?

Je sursautai faisant jaillir la moitié du gratin hors du plat. Luke, qui avait déjà les yeux rieurs, explosa littéralement dans une crise d'hilarité.

-Tu es la fille la plus maladroite que je connaisse ! s'exclama t-il entre deux rires. Je vais chercher le téléphone !

Une fois qu'il fut sorti, je ne pus m'empêcher de rire à mon tour. J'avais vraiment la poisse et le mot était faible. Je posais le plat sur le plan de travail et attrapai une éponge afin de nettoyer les dégâts. Ce que j'aimais chez Luke, c'est que quand il me disait que j'étais maladroite, il n'y avait dans sa voix pas le moindre reproche. Je ne me sentais que plus attendrissante, avec Danny les choses étaient si différentes, j'avais la sensation d'être un poids quotidien. Je soupirai, mon coeur n'était pas encore assez flexible et je le sentais se tirer quand le nom de Danny traversait mes pensées. Le sol était enfin propre, il ne me restait plus qu'à mettre cette substance dur et noirâtre à la poubelle, hors de question de manger cette immondice.

-Les pizzas arrivent dans 20 minutes ! Je t'ai pris une deluxe !
-Luke, je ne suis pas comme toi, je n'ai pas trois estomacs, m'exclamai-je.
-Justement, tu ne manges jamais rien. Tu vas finir anorexique !
-Je...
-Ton portable vibre, m'interrompit t-il un sourire aux lèvres, heureux que je ne puisse pas répliquer.

Je me dirigeai vers la petite table où était déposé mon portable maudissant la personne qui pouvait bien me déranger. Le nom de Lucy était affiché sur l'écran, elle voulait sûrement tenter de me convaincre de venir chez Harry ce soir encore une fois.

-Allo, maugréai-je.
-Maddy vient vite...

Sa voix était tremblante et brisée en milles petits éclats, comme du verre bien aiguisé, chaque son égratignait un peu plus ma poitrine.

-Lucy qu'est ce qu'il se passe ? M'inquiétai-je.
-C'est Danny, il a eu un accident de moto, sanglota -t-elle.

Je me répétai sa dernière phrase lentement, analysant chaque mot, ne pouvant plus les assembler ni comprendre leurs significations. Les secondes se figèrent presque, incapable d'envisager le moindre fait. Soudain, comme si la pression s'était concentrée assez longtemps pour jaillir, un sanglot de douleur m'écorcha la gorge jusqu'à la sentir brûler et un goût de sang paralysa ma bouche, ce goût de rouille amer et dégoûtant.

-Maddison ! Cria la voix de Lucy au bout du fil tandis que je sentais mon corps s'effondrer sur le carrelage glacer.
-Il...va s'en sortir ? Parvins-je à murmurer, m'étonnant moi-même.
-Je sais pas...je suis sur le chemin de l'hôpital. Maddy j'ai besoin que tu viennes ! Je t'en prie...

Les tressaillements de sa voix m'arrachèrent une convulsion, je suffoquais.

-Où ?
-Saint Nicols !
-J'arrive.

Je raccrochai et deux mains m'aidèrent à me lever en soutenant ma taille.

-Qu'est ce qu'il y a ?
-Luke, conduis-moi à l'hôpital saint Nicols ! Danny a eu un accident de moto !

Le regard de mon compagnon devint plus sombre et je l'entendis déglutir, mais comment analyser sa réaction alors que mon coeur ne parvenait même plus à suivre son propre rythme.

Il m'attrapa la main et m'entraîna jusqu'à sa voiture. Je ne voyais plus vraiment clair, je ne comprenais plus vraiment, mais je lui en étais reconnaissante ; plus que jamais.

Luke dû me conduire jusqu'à l'entrer du grand bâtiment blanc et austère qui abritait tous mes espoirs, je ne parvenais pas à réaliser l'ampleur de la situation. Une fois devant le comptoir d'accueil, comme une secousse, je m'affolai. L'infirmière m'indiqua l'étage et enfin consciente je me précipitai vers l'ascenseur, Luke derrière moi.

-Maddison calme toi, sa ne sert à rien de courir !

Il pouvait bien parler, gémir ou pleurer rien ne m'aurait arrêtée. Il n'était rien à côté de l'homme qui risquait sa vie en ce moment. Comment regretter ce que je pensais ? Si Danny était seulement blessé je le serai également.

J'arrivai, haletante devant la chambre et découvris une Lucy, pâle et inquiète. Elle se jeta dans mes bras.

-Maddy !
-Tu as des nouvelles ?
-Non, il est avec les médecins en ce moment, je ne sais pas ce qu'ils lui font.

Elle éclata en pleur et je me mordis les lèvres pour ne pas faire de même.

-Où sont les garçons ? Tu passais bien la soirée avec eux ?
-Harry est allé chercher des cafés et Tom et Dougie essayent de joindre les parents de Danny.
-L'hôpital ne les a pas prévenu ? M'exclamai-je.
-Tu sais, ils sont à New York.

L'information ne retint pas mon attention plus que ça, ce n'était pas ce qui importait pour le moment.

Luke m'attrapa la main et Lucy lui lança un regard vide, incapable d'être haineuse dans cet instant. Le pire dans cette situation est qu'il n'y avait rien à faire que s'asseoir et attendre. Attendre et attendre. Nous étions tous aussi impuissant et je nous en voulais atrocement. Harry nous rejoins quelques minutes plus tard, les yeux rougis et des gobelets beiges à la main. Il avait pleuré et je me sentis soudain encore plus mal, même lui n'était pas assez fort. Qui le serait ?

Il croisa mon regard et se força à me sourire tendrement, comment pouvait-il seulement essayer ?

Il s'assit à côté de moi et me serra contre lui, la bouche près de mon oreille.

-Ne t'inquiète pas, il est robuste ton Danny.

« Mon » Danny. Je laissai ma tête tomber sur son épaule, les yeux miroitants, les joues trempées. J'avais senti dans sa voix qu'il n'était pas plus sûr que moi que tout irait bien, mais la chaleur qu'il émanait était rassurante.

Quand Tom et Dougie arrivèrent à leur tour, un soupir collectif brisa le silence pesant du couloir. Nous étions tous là, à fixer la porte verte de cette chambre maudite. Luke lui était adossé contre le mur, dire qu'il ne s'inquiétait pas aurai été injuste, il paraissait tourmenté lui aussi.

Nous attendions...impuissants.

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Voilà ENFIN une petite suite, pour patienter pendant les exams :p
.

. Quand la porte s'entrouvrit, chacun de nous se remis sur pied en un quart de seconde. Le médecin nous observa, un à un et referma derrière lui.

-C'est votre ami ?

Des hochements de têtes effrénés lui répondirent et un léger sourire déforma ses lèvres ridées.

-Je crois qu'une bonne étoile veille sur lui, il a eu beaucoup de chance, il s'en sortira avec seulement quelques égratignures. Il a juste besoin de repos.
-Nous pouvons aller le voir ? Demanda Lucy tandis qu'un soulagement indéfinissable s'échappait de nos corps tendus.
-N'y allai pas tous en même temps, il a besoin de calme. Est-ce que ses parents ont été prévenus ?
-Non, murmura Tom, ils sont à l'autre bout du monde.

Le médecin acquiesça l'air concentré.

-L'un de vous peut rester pour la nuit et j'ai bien dit un. Mais il faudra prévenir un tuteur pour qu'il puisse sortir demain.
-Entendu, merci.

L'homme à la blouse immaculée s'en alla, comme si rien ne s'était jamais produit. C'était étrange comme certains événements pouvaient être sans importance pour certain et primordial pour d'autre. En tout cas, je me sentais mieux. Je parvenais de nouveau à respirer normalement. Et le sentiment d'oppression qui m'avait presque étouffé quelques secondes auparavant s'évapora avec l'eau tiède de mes larmes.

-Je veux aller le voir, grinça la voix brisée de Lucy.

Elle s'avança vers la porte suivie de Tom et Dougie. Harry, lui me regardait avec insistance. J'aurai voulu aller le voir sans attendre, seulement j'avais besoin d'encore quelques minutes pour calmer le rythme effréné de mon coeur et la bataille entre rage et peur qui se déroulait dans ma tête.

-Vas-y Harry !

Il fronça les sourcils, mais ne chercha pas à en savoir plus, il rejoignit les autres dans la chambre.

J'étais en train de réaliser à quel point mes sentiments étaient en corrélation avec Danny. J'étais dépendante de la plus puissante des drogues au monde et le manque me vidait les veines, sucer mon sang et sondait mon âme jusqu'à ce que mon monde intérieur ne ressemble plus qu'à un vulgaire bout de papier chiffonné et jeté au hasard dans un univers inconnu.

-Comment tu te sens ?

Luke me souriait. C'était un sourire si faux que je dus m'y reprendre à deux fois pour lui répondre.

-Bien. J'ai l'impression d'avoir fait un marathon de 50 kilomètres, mais mis à part ces douleurs musculaires, je vais très bien.

Il était vrai que mes membres étaient affreusement engourdis et tendu mais allais-je réellement bien ? J'avais l'impression d'appartenir à un monde parallèle où mes sens n'étaient que superflus, il m'était impossible de qualifier la moindre onde de sensation qui me traversait, je n'étais plus qu'un conduit d'électricité anesthésiante, un peu humaine et un peu machine à la fois.

-Tu veux que je te ramène ?
-Non. Je voudrais voir Danny avant.
-Je comprends.

Vraiment Luke ? Tu comprenais à quel point Danny avait envahi mon corps, chacun de mes nerfs, de mes organes, chacune de mes veines? Tu parvenais à envisager que sans lui ma vie n'avait plus aucun sens, que ton prénom n'était qu'une façade obscure derrière laquelle nous nous cachions, moi et son fantôme ? Je ne crois pas...

-Tu veux que j'aille te chercher quelque chose à boire ? Me demanda t-il avec tendresse.
-Oui, se serait gentil. Un peu d'eau.

Il acquiesça laissant le dos de sa main caresser ma joue. Une sensation qui ne me fit aucun effet, juste celui d'une surface froide contre une peau engourdit par la chaleur d'un autre être. Je m'adossai contre le mur inspirant l'air du couloir parfumé aux médicaments et désinfectant.

La porte s'ouvrit de nouveau et 4 silhouettes sortirent.

-A ton tour et bon courage, il est d'une humeur massacrante, s'exclama Lucy en grimaçant.
-Pas plus que d'habitude, ajouta Tom.
-En gros pas de soucis, il est tout à fait normal, le coup sur la tête ne l'a pas aidé à devenir plus sociable, lança Dougie pour clore le sujet.

Je les observais avec une étrange nonchalance, présente et ailleurs en même temps.

-Harry s'est dévoué pour rester là. Nous rentrons en taxi, on t'attend ?
-Non, allez-y. Luke me ramènera.

Ils disparurent après un dernier signe de main.

-Tu attends quoi pour aller le voir ?

Je fixai Harry quelques secondes avant d'enfin me décider à entrer dans cette chambre. Je sentis mon pouls s'accélérer et une lave incandescente traversa mon corps. J'avais peur de le voir allonger sur ce lit d'hôpital, mais encore plus, j'avais peur de ne pas pouvoir contrôler ma colère face à lui.

Ma première vision fut celle de son visage pâle et inexpressif et de ses yeux bleus figé sur un point invisible.

Quand j'entrai il détourna la tête vers moi, surpris.

-Maddison? Tu...tu ne devais pas être avec Luke?
-Lucy m'a prévenu et...je suis venue, murmurai-je difficilement.

Sa peau était blanche et ses yeux étaient encerclés d'un halo violet pourtant il était toujours aussi beau. Il se mordit la lèvre inférieur en enfonçant ses doigts dans le matelas.

-Dan' sa va?

Il secoua la tête en serrant les draps plus fort.

-J'ai juste ma hanche qui me lance, souffla t-il entre deux petits cris de douleur.

Je sentis alors la boule de rage qui jouait avec mon estomac depuis quelques minutes empoigner fermement mon ventre.

-Promet-moi de ne plus jamais monter sur cet engin!
-Certainement pas, répliqua t-il une fois sa douleur estompée.
-Danny, tu as faillit te tuer!
-Mais je suis toujours vivant.
-T'es vraiment un égoïste! Ca t'amuse de mettre tout le monde dans un état second? Et si tu ne t'en étais pas sorti qu'est ce qu'on aurait fait nous? M'écriai-je la gorge nouée.
-Arrête sa Maddison. Les "et si..." c'est la chose la plus répugnante de ce monde. La vie est trop courte pour avoir des remords ou des regrets.
-Et c'est toi qui dis ça?

Il m'interrogea du regard, l'air plus inquiet que curieux.

-Si la vie est trop courte arrête de vivre dans le passé.
-Je ne vie pas dans le passé!
-Non c'est vrai...et Linda?
-Maddy arrête!
-Elle ne fais pas partie du passé peut être?
-Tais toi!
-Et pourtant tu la regrettes, non? Tu regrettes de ne pas lui avoir pardonné plus tôt. Tu regrettes qu'elle ne soit plus là...
-Je t'ai dit de te taire, cria t-il.

# Posté le vendredi 16 mai 2008 14:19

Modifié le mardi 24 juin 2008 04:57

CHAPITRE 9: JUST HOLD ME + The Story of a girl "trailer" xD

J'AI ENFIN FINIS MES ECRITS DU BAC!! AHAH!!

-Tu ne sais rien de ce que je pense, de ce que je ressens ou même de ce que je regrette !
-Peut être parce que tu es trop lâche pour me le dire!
-Peut être parce que cela ne servirait à rien, rétorqua t-il avec amertume.
-Tu crois que je ne peux pas comprendre ?

Mon coeur, qui battait déjà à tout rompre, s'accéléra. J'avais terriblement peur de ce qu'il ressentait, pensait et regrettait. Effectivement je ne savais rien, je devinais seulement, espérant me tromper la plupart du temps.

-Je n'ai jamais dit ça. C'est inutile c'est tout, souffla t-il en se pinçant les lèvres avec nervosité.
-Avec toi tout est inutile. Être sincère est inutile, parler est inutile et même rire ne sert à rien. Tu ressembles à un robot. Chaque mot qui sort de ta bouche est programmé, tu ne dépasses jamais la barrière qui pourrait révéler une partie de toi. J'ai l'impression de ne pas savoir qui tu es.
-Je suis justement comme ça, lança t-il d'un ton glacial.

La porte s'ouvrit alors que je me démenais pour trouver une répartie valable, mais il n'y avait rien à dire, j'étais face à un mur.

-Maddy ton eau, s'exclama Luke en me tendant une bouteille, puis il se tourna vers Danny. Tu t'en aies bien tiré.
-Plutôt, mis à part que si j'étais mort je n'aurai pas eu à voir ta tête une fois de plus.
-Même quand on veut être sympa tu craches ton venin, c'est pathétique !

Le flux déjà tendus qui me reliait à Danny s'étira encore plus tant la présence de Luke le rendait furieux.

-Toi ? Vouloir être sympa ? Tu viens juste marquer ton territoire. Vas-y frotte-toi contre elle, imprègne la de ton odeur de crétin comme ça je ne la toucherai pas !
-Danny, m'exclamai-je agacé par son numéro.

Non, en réalité j'en avais des frissons, compulsif, entre peur et gène. Sa voix cassé par la fatigue avait tremblé sur les derniers mots qu'il avait prononcé et le sentiment de haine qu'elle avait dégagé était plus puissant qu'une explosion nucléaire.

-Je n'ai pas à le faire, elle ne veut pas de toi de toute façon, ajouta Luke sur son habituel ton calme.

Un sourire en coin apparut sur les lèvres de Danny, moi en revanche je sentais une frustration douloureuse engourdir ma poitrine.

-Si tu en étais si certain tu ne serais pas là en train de souiller cette chambre avec ton hypocrisie.

Je secouai la tête, effarée par tant d'enfantillages et retenant une affreuse envie de hurler. Luke laissa échapper un petit rire.

-En attendant c'est moi qu'elle a choisi !
-Elle t'a choisi ou tu lui as fait choisir ? Grinça Danny.

La conversation prenait des propensions bien trop ridicule et j'avais la sensation d'être invisible.

-Fermez la ! Criai-je, exaspérée. Je suis dans la même pièce que vous, arrêtez de parler de moi à la troisième personne. Vous êtes tous les deux pathétiques. Je ne suis pas du bétail !

Je poussai Luke et sortis de la pièce, hors de moi. Pour qui se prenaient-ils ? Je bousculai Harry sans le vouloir et m'assit sur la banquette, le visage enfouit entre mes paumes.

-Luke ou Danny ? Demanda Harry pas vraiment étonné.
- Les deux ensembles ! Danny est incapable de se montrer poli et Luke ne sait pas s'arrêter !

Avec un rire amusé il s'assit à mes côtés.

-Qu'est-que tu veux y faire ? L'un doit supporter de voir son pire ennemi avec la fille qui lui plaît et l'autre est mort de trouille à l'idée que tu puisses le quitter pour l'autre.
-N'importe quoi !
-Ne sous estime pas Luke. Bon ok, il est loin d'être le mec le plus intelligent du monde, mais il a amplement conscience de tes sentiments pour Danny.
-Ça je sais. Je dis juste que Danny pourrait faire des efforts. Ce n'est pas le fait de me voir avec Luke qu'il l'embête, c'est juste de savoir que Linda était avec lui aussi.
-Laisse-moi affirmer avec certitude que si Danny haie Luke en ce moment ce n'est certainement pas par rapport à Linda !

Un fourmillement traversa tout mon corps et je détournai la tête pour que Harry ne me voit pas sourire.

-Tu ne trouves pas que c'est bizarre ? M'enquis-je, inquiète.
-De quoi ?
-Que Luke soit toujours dans la chambre de Danny.

Harry observa la porte un instant et acquiesça en plissant le nez.

-Soit l'un des deux est mort et l'autre ne peut se défaire de cette image jouissive, soit ils ont une sérieuse discussion !
-Je prie pour la deuxième option, lançai-je en riant nerveusement.

***

Je ne saurais probablement jamais ce que Danny et Luke échangèrent durant les quelques minutes où la porte de cette macabre chambre d'hôpital était restée fermée. Pour dire vrai, je m'en contrefichais, j'étais bien trop contrariée par ma dernière conversation avec Danny. Peut-être avais-je exagéré? Mais j'avais eu si peur.

Harry était resté sur place afin de tenir compagnie à notre blessé tandis que Luke m'avait conduit chez moi.

Ma bouche était restée scellée durant tout le trajet, lui aussi s'était montré complètement immature. Était-ce la pleine lune ou une onde étrange de bêtise avait décidé de s'abattre sur Londres, touchant tous les garçons de moins de 25 ans?

Peu importe, j'étais résignée à m'enfouir sous ma couette, à fermer les yeux et à oublier les dernières abominables heures de cette première journée de vacance.

Je m'arrêtai devant ma porte d'entrée, jusqu'à laquelle Luke m'avait accompagné.

-Tu es fâchée? Demanda t-il d'une voix craintive.
-Je devrais tu penses?

Il baissa le regard comme un môme effarouché. La dissonance entre son corps raide et viril et son visage enfantin m'arracha un sourire attendrit.

-Je peux me faire pardonner, murmura t-il.
-Viens me chercher demain en début d'après midi. Danny aura besoin de toi pour sortir.

Il parut soudainement affolé.

-Tu es le seul majeur en mesure de jouer le tuteur et tu me le dois bien!

Il se pinça les lèvres pour ne pas rétorquer et acquiesça. Satisfaite, je déposai un baiser rapide au coin de sa bouche et m'enfonçai dans le couloir sombre de ma maison de briques.

***

Plus qu'une minute et Luke et moi atteindront l'entrée de Saint Nicols. Les embouteillages à cet heure-ci étaient difficiles à éviter et nous en avions fais les frais. A coup de klaxon et soupirs bruyants de Luke, nous avions finalement réussi à rouler en continue.

-Si je ne signe pas ce bout de papier, il devra rester enfermé là-bas jusqu'à ce que ses parents rentrent?

Le ton innocent de Luke me surpris.

-Oui, répondis-je interloquée.
-Je suis obligé de signer?
-Luke!
-Oui, d'accord je signerai, mais sache que c'est juste pour toi que je le fais, s'agaça t-il.
-Ne t'inquiète pas je ne m'étais pas mis en tête que tu le faisais par amour pour Danny!

Il laissa échapper un rire amusé sans lâcher la route des yeux.

-N'empêche, je suis pressé de voir sa tête quand il va devoir me remercier!

Je levai les yeux au ciel, à l'évidence ces deux-là ne pourront décemment jamais se supporter.

Enfin arrivé, Luke et moi pénétrâmes dans l'immense bâtiment blanc. Les lieux me parurent complètement inconnus et je découvris comme pour la première fois la grande salle d'attente et le comptoir derrière lequel une infirmière peu souriante remplissaient des papiers. J'avais été tellement effrayée la veille que je n'avais même pas remarqué la couleur jaune acide du mur du fond, pourtant ce n'était vraiment pas discret et pas réellement de bon goût non plus. J'avais beau me sentir perdu, mes pas étaient guidés par un inconscient qui avait déjà enregistré le chemin qui me mènerait à Danny.

-Tu n'es pas obligé de courir, il n'est plus à l'agonie, ronchonna Luke en traînant les pieds.

Ignorant son désagréable mépris je m'avançai vers la porte et frappai du dos de l'index. Une voix étouffée me répondit et bien que je ne compris pas un traître mot je pénétrai dans la chambre.

-Salut, soufflai-je hésitante.

Les yeux de Danny s'arrondirent, apparemment il était surpris de me voir. Harry était avachit sur une petite chaise et souriait.

-Bon moi je vais chercher une infirmière pour la prévenir que ton "tuteur" est là!

Harry se leva expressément et jaillit presque hors de la pièce sous l'air d'incompréhension de Danny.

-Mon "tuteur"?
-Luke, murmurai-je en appréhendant sa réaction.

Il soupira et se laissa tomber sa tête sur l'oreiller avec lassitude.

-Cet abrutis ferait n'importe quoi pour avoir tes bonnes grâces!
-C'est un peu normal, non? C'est mon petit-ami.
-Ouai, répondit-il en riant silencieusement.

Je ne le pris pas bien, mais je m'efforçai de ne pas rétorquer. Je m'installai sur la chaise que Harry avait occupé quelques secondes plus tôt en évitant son regard. Étrangement, à cet instant il m'intimidait. Danny avait toujours eu ce pouvoir d'hypnose sur moi, mais cette fois-ci, je le sentais plus armé que jamais, protégé par une bulle d'insolence qu'il était prêt à user sur n'importe qui essaierai d'être gentil.

Un silence pesant s'aventura dans la pièce alors que Danny avait les yeux rivés sur moi. Gênée je remis une mèche de cheveux derrière mon oreille et me raclai la gorge, le regard figé sur le carrelage immaculé.

-Quoi? Finis-je par lancer parfaitement mal à l'aise.
-Rien, je repense à ce que tu m'as dit hier.

Son visage était si inexpressif que je sentis mon corps tout entier trembler tant j'étais anxieuse.

-Et? Osais-je demander non sans inquiétude.
-Tes yeux sont tellement transparents...

Il esquissa un sourire attendrit.

-Un inconnu pourrait deviner ce que tu penses du moment qu'il te fixe quelques secondes.
-Tu cherches à me faire une reproche pour calmer ta rancune? M'enquis-je agressive et terriblement vexée.

Son sourire s'accentua et il se redressa sur son matelas.

-Absolument pas, je trouve ça profondément charmant...enfin ça dépend ce que tu penses!

Je gloussai, irritée. J'avais pleinement conscience d'être trop expressive pour que lui, le seul à qui j'aurai aimé cacher ce que je ressentais me le fasse remarquer.

-Tu me reproches de me taire trop souvent et je n'y peux rien, comme toi tu ne peux pas cacher ce que tu ressens. Ne te sens pas humiliée, je t'assure que c'est adorable, murmura t-il cet air d'allégresse toujours accroché à son visage.
-Oh je t'en prie! Ne te sens pas obligé d'être sincère pour une fois, ironisai-je.

Il s'esclaffa. C'était tellement froissant.

-Tu as raison n'inversons pas les rôles. C'est toi qui n'a aucun secret pour moi, pas le contraire.

Ces yeux reflétaient une satisfaction plus que agaçante. A en croire les étincelles dans ses prunelles, il s'amusait bien. Pour une fois qu'on pouvait y déceler quelques chose, dans ses yeux à lui.

-Ce n'est pas parce que tu as une hanche bousillée que j'hésiterai à te briser la deuxième! Le menaçai-je.
-Qu'est-ce que tu attends? Lança t-il taquin.
-Tu m'agaces!
-Je ne comprend pas pourquoi tu le prends mal alors que tu me reproches exactement l'inverse.
-C'est gênant de savoir que tu...je ne sais pas, il y a des choses que je n'ai pas envie de te montrer!

Il soupira laissant ses yeux divaguer dans le vide alors que mes joues rougissaient.

-Et moi parfois je voudrais réussir à t'en montrer...

J'entrouvris la bouche, cherchant à parler, à lui demander de continuer, mais les mots semblaient mourir sur mes lèvres frémissantes.

-L'infirmière arrive pour t'enlever ta perfusion! Lança Harry en poussant brusquement la porte nous faisant sursauter Danny et moi.

Danny gémit et pencha sa tête en arrière en grimaçant.

-Hé Dan' tu as mal? S'affola Harry.
-Tu m'as fait faire un bon de trois mètre abrutis alors évidemment que j'ai mal!

Il s'excusa d'un faible signe de main, embarrassé et se retourna vers moi.

-Luke fais les 100 pas dans le couloir, je t'assure il a refait le lino et je crois que si tu ne vas pas le voir il va s'attaquer aux murs!

Encore troublée, j'acquiesçai et me dirigeais vers la porte.

***

-Ne te sens pas obliger de me remercier, siffla Luke entre ses dents, un regard sombre posé sur Danny.
-D'accord, répondit-il nonchalant.

Je vis Luke serrer les poings et se mordre les joues de rage surement déçu que ses ésperances se soit révélées improbables. Je cherchai Harry des yeux afin de trouver un peu de compassion devant cette scene, mais mon regard s'arrêta sur une jeune infirmière se dirigeant droit sur Danny. Nous étions dans un hôpital et si son sourire n'avait pas dépassé le lobe de ses oreilles je n'aurais certainement pas fais attention.

-Alors, vous nous quittez déjà Mr. Jones?
-Sans vouloir vous vexer ce n'est pas l'endroit où je rêvais de m'installer!

Elle se mit à rire. Avait-il dit quelque chose de drôle? Ses cheveux auburn tombaient sur ses épaules comme pour me provoquer davantage et je ne pus m'empêcher de voir en elle une cruelle rivale. A en croire le regard qu'elle me lança, elle n'était pas tombée amoureuse de moi elle non plus.

-Tenez, nous pourrions nous revoir dans d'autres conditions, lança t-elle en lui tendant un bout de papier.

Je ne pus réprimer un gloussement qui refléta parfaitement la jalousie qui me brûlait la poitrine. 6 yeux se tournèrent vers moi, Harry lui se contenta de commencer à rire discrètement, mais pas suffisamment pour que personne ne le remarque.

-Euh...bien...
-Réfléchissez-y!

Danny acquiesça et rejoignit Luke qui était déjà hors du bâtiment à l'aide de ses béquilles. Malgré tout il restait terriblement sexy, d'ailleurs la petite infirmière le dévorait toujours des yeux. Quand elle détourna le regard je n'avais pas bougé, étrangement clouer au sol, tentant de dissimuler une pulsion de violence.

-Maddy on y va! Me lança Harry.

Je m'apprêtai à le suivre quand une idée, certainement un peu folle germa dans ma tête. Je me retournai vers l'infirmière, un demi sourire aux lèvres.

-Merci de vous être occupée de lui et excusez le encore.
-L'excuser? S'enquit t-elle en serrant la main que je lui avais tendue.
-Il a encore du mal à assumer son homosexualité...

Son visage déconfit me serra le coeur de plaisir et je me dépêchai de rejoindre Harry qui attendait près de la porte. Qu'est ce que la stupidité pouvait soulager parfois...

Et vos exams se sont bien passés??

Nouvelle histoire =D ---> My song for you

# Posté le jeudi 22 mai 2008 15:36

Modifié le samedi 21 juin 2008 06:31

CHAPITRE 9: JUST HOLD ME

 CHAPITRE 9:  JUST HOLD ME
. Luke avait dû ramener Harry chez lui, celui-ci redoutait une attaque de sa mère qui après toute une nuit d'absence ne laisserai pas passer deux heures de plus. Le domicile de Danny était de l'autre côté de la ville, cependant pas très éloigné de chez moi. La voiture ralentit près du grand portail blanc qui bordait la route.

-C'est ici, s'exclama Danny qui était installé à l'avant du véhicule.
-Il n'y a personne chez toi? M'enquis-je.

Il secoua la tête, adressa un signe à Luke, sûrement sa façon de le remercier et descendit difficilement à l'aide de ses béquilles. Le voir se démener pour ne pas perdre l'équilibre me donna une envie considérable de rire, il était rare de voir Danny aussi vulnérable, cependant, mon seul désir était de le prendre dans mes bras pour l'empêcher de tomber. Après quelques secondes de réflexion j'en arrivai à la conclusion que passer le reste de la journée avec Luke me rendrait tout simplement malade, malade de savoir que Danny allait rester seul chez lui sans pouvoir se déplacer à son aise.

-Luke, je vais rester avec lui cet après-midi, je pourrais rentrer chez moi à pied! Je ne veux pas qu'il reste seul dans cet état là!

Le visage de mon petit ami devint très rapidement pâle et ses pupilles devinrent des canon de fusilles impénétrables et effrayants.

-Dis moi que c'est une blague!?
-S'il te plaît, épargne moi ta crise! Danny est mon ami!
-Et moi je m'appelle Hugh Grant!

Exaspérée et pourtant parfaitement compréhensive par rapport à ce qu'il pouvait ressentir, je claquai la portière en levant les yeux au ciel et rejoignit Danny qui cherchait ses clefs. La décapotable noir ne mit pas longtemps à démarrer, Luke devait certainement être en colère, mais étrangement je n'éprouvais pas le moindre remord. J'étais heureuse. J'allais passer du temps seule avec Danny, même si je n'attendais rien de ce tête-à-tête, je ne parvenais pas à contrôler les battements de mon coeur qui trahissaient sans nul doute les sentiments que je lui portais.

-Alors, comme ça mon bien être semble être plus important que les désirs de ton petit ami!

Le sourire qui déforma la bouche de Danny m'agaça presque, je voulais simplement me montrer gentille. Je baissai les yeux soudainement consciente qu'ils trahiraient l'ensemble de mes pensées.

-Ne te fais pas d'idées, je fais ça par simple...respect!

Il haussa les sourcils avant d'éclater de rire.

-Du respect? Laisse-moi te dire que vis-à-vis de Luke rester avec moi est loin d'être un acte de politesse...au contraire!

Ses yeux étaient encore rieurs et sa réaction m'irrita. Il avait raison, cependant je ne parvenais pas à me l'avouer entièrement.

-Et bien débrouille toi avec ta hanche démolie. Je rentre chez moi comme ça tout le monde sera content, m'exclamai-je vexée.

Alors que je tournai les talons en direction de chez moi il m'empoigna fermement en manquant de perdre l'équilibre.

-Ehh...reste, murmura t-il d'un ton étonnement tendre. J'aime bien quand tu me respectes, ajouta t-il un sourire narquois aux lèvres.
-Arrête de te moquer de moi, répliquai-je en lui frappant frugalement l'épaule.

Dans un soupir rieur il ouvrit enfin le portail et jeta ses béquilles près d'une poubelle négligemment placée devant le mur de béton.

-Qu'est-ce que tu fais? M'enquis-je surprise.
-Tu ne crois quand même pas que je vais marcher avec ces trucs-là encore longtemps!
-Danny ne fais pas le gamin, tu as une hanche bousillée, m'énervai-je.
-Elle est un peu abîmée, pas bousillée! Et je peu marcher!
-Le médecin a dit que tu ne devais pas marcher pendant quelque temps sauf exceptionnellement et avec tes béquilles!
-Et moi je dis que ce sont des conneries!
-Danny tu m'exaspères!

Sans un regard il boita jusqu'à la porte d'entrée. Je récupérai les béquilles et le rejoignis.

-C'est sûr que tu as l'air beaucoup plus viril et invincible en marchant comme un boiteux! Lançai-je volontairement froide.
-Je n'ai pas jeté les béquilles pour avoir l'air plus "viril et invincible". C'est juste que je déteste ça!
-Me fais pas gober ça! Tu détestes seulement avoir l'air fragile!

Il gloussa en secouant la tête.

-Non, je n'en ai rien à faire, je ne suis pas fragile de toute façon, ce que les gens pensent je m'en fous!
-Je pense que tu es lâche! Tu n'as pas le courage d'affronter le regard des autres et c'est pour ça que tu as balancé tes béquilles!
-Je ne suis pas un lâche! S'écria t-il en me fusillant des yeux.
-Je crois que si.
-Je serai un lâche juste parce que je refuse de passer pour un handicapé!? C'est ridicule.
-Non, pas seulement. Également parce que tu refuses de voir la vérité en face.
-Quelle vérité?
-Tu es bloqué dans le passé...
-Tu ne vas pas recommencer avec ça, me coupa t-il. Si tu veux encore faire allusion à Linda oublie!
-J'ai raison, rétorquai-je avec rage.

Il poussa la porte et s'enfonça dans le couloir, je le suivis.

-Non, tu as tort! Tu as tort depuis le début, seulement j'ai l'impression que tu prends plaisir à ramener sans cesse ce sujet sur le tapis!
-Ce n'est pas du plaisir, j'essaye de t'ouvrir les yeux! Me défendis-je.
-Mais j'ai les yeux parfaitement ouvert et je vois la vérité mieux que la plupart des gens concernés!
-Non tu ne vois rien, tu es dans ta bulle à ressacer tes souvenirs avec Linda, à refuser d'avancer!
-C'est ça qui te met hors de toi! C'est que tu as l'impression que je ne te vois pas, que je ne sais pas! Tu crois quoi Maddison? Je ne suis pas aveugle contrairement à ce que tu penses, je sais parfaitement ce qu'il y a entre nous et je sais aussi de quoi tu as peur, seulement je refuse d'entrer à nouveau dans cet engrenage!

Je sentis mon coeur manquer un battement et une rage ardente traverser mes veines.

-Quel engrenage? De quoi est-ce que tu parles? Il n'y a rien entre nous Danny! Strictement rien, tu passes ton temps à détourner les yeux, tu ne vois rien!
-Arrête ça Maddison! Le simple prénom de Linda te met dans tous tes états parce qu'il représente une barrière entre toi et moi! L'histoire de cette barrière tu n'en as rien à faire, la seule chose qui t'atteint c'est le fait que je refuse de construire quelque chose avec toi...mais la raison tu t'en moque! Tu n'es qu'une égoïste!

Je reçus chacun de ses mots comme des coups de couteau dans la poitrine. La douleur était bien trop insupportable pour que je puisse rétorquer ne serait-ce qu'une parole. Ma vision se brouilla laissant librement les larmes couler sur mes joues. Paralysée, je l'observais en essayant de remettre tous ses mots dans l'ordre. Une main devant la bouche, dégoûtée par tant d'animosité je reculai. Il fallait que je m'échappe de cette nauséabonde atmosphère, que je parvienne à trouver la force de m'enfuir. Il avait été sincère pour la première fois depuis que je le connaissais et j'avais envie de vomir. De dégueuler sa pauvre et fétide antipathie. Quand je me sentis enfin assez forte pour me précipiter vers la porte il me retint fermement.

-Non, Maddison, ce n'est pas ce que je voulais dire!

Ses yeux miroitaient et son souffle était court. D'un mouvement brusque je le fis lâcher mon bras.

-T'es dégueulasse de dire ça! Va te faire foutre Danny! Je ne veux plus que tu me parles, que tu m'approches ni même que tu me regardes...

Il essaya de m'attraper les mains alors que je gesticulais dans tous les sens.

-Ne me touche pas, hurlai-je.

Il empoigna vigoureusement chacun de mes poignets et toute la violence qui m'avait possédé quelques secondes plus tôt sembla s'estomper. J'avais l'impression qu'un courant électrique traversait mon corps entier, pourtant je n'avais pas moins mal, je n'avais seulement plus de force.

-Lâche-moi, murmurai-je avec le peu de souffle qu'il me restait.
-Excuse moi Maddy, je ne le pensais pas. Je me suis emporté...

Il posa son front contre le mien et ses mains serrant les miennes sur sa poitrine avec un peu d'hésitation. Ce geste me fit frissonner, je voulais qu'il recule qu'il me laisse partir. Chaque mot qu'il pouvait prononcer, chaque geste qu'il pouvait faire enfoncer la lame un peu plus profond dans mon coeur.

-Je suis désolé...
-Ça t'amuse de me faire ça? Merde Danny, je...

J'avais tellement de choses à lui dire, à lui reprocher, pourtant je ne parvenais pas trouver les mots.

-Je sais que tu souffres pour Linda et je comprends mais tu n'as pas le droit de dire que je suis égoïste, je passe mon temps à penser à toi, à m'inquiéter! J'ai passé la dernière nuit à me demander si tu allais bien, j'ai cru mourir quand j'ai appris que tu avais eu un accident! Tu n'as pas le droit de dire que je ne pense qu'à moi...sanglotai-je.

Il approcha encore son visage près du mien jusqu'à ce que le bout de nos nez se touchent. Je me sentais si vide, il venait de me poignarder. Même ses gestes étonnement tendre et qui auraient dû me faire frémir me faisaient mal.
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Le Bac est terminé et je suis ENFIN en vacance...quel bonheur =D. Voilà une suite, pas très longue certe mais riche en révélation je suppose ^^.
Bonne lecture, j'éspère qu'elle vous plaira.
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. Je n'avais plus envie de lutter. Ni d'éconduire les sensations qui parcouraient mon corps en cet instant présent. Il y avait sa peau contre la mienne et sa bouche à quelques millimètres de mes lèvres. Son souffle était tiède, appétissant et l'odeur boisée de son parfum s'infiltrait dans mes artère devenant l'oxygène qui me permettait de respirer. Il était beau et désirable, aucun autre mot, aussi compliqué puisse t-il être ne pouvait mieux décrire ce que je ressentais.

Si j'avais pu rester là des heures voir des jours, je l'aurais fait. L'éternité ne représentait rien à côté du désir que j'éprouvais à rester auprès de lui, dans cette fulgurante bulle magnétique. L'attraction terrestre ne semblait même plus parvenir à exercer sa force sur moi, je décollais.

-Je sais, chuchota t-il.

Et j'aurai juré entendre sa voix trembler.

-Peut être que je ne dis pas toujours les bonnes choses, mais je ne me contrôle pas...

J'éprouvais le besoin de me justifier, inlassablement je voulais qu'il comprenne que je n'étais pas cette fille égoïste et manipulatrice qu'il décrivait.

-Maddy je regrette, je n'en pensais pas un traître mot. La vérité c'est que je me sens coupable...je ne veux pas être celui qui te fait du mal et j'ai l'impression de ne faire que ça. Ne m'attend pas je t'en prie...se serait une erreur.
-Pourquoi?

Ma voix s'était éteinte et ma fierté avait disparu avec elle. Je n'éprouvais nul besoin de paraître forte parce qu'il savait que je ne l'étais pas assez pour l'affronter. Plus de bouclier et lui qui m'assenait de coups violents, ce n'était pas de la mutilation, mais ça y ressemblait, je n'en étais pas honteuse, je l'aimais et alors?.

Il appuya son nez sur ma joue et je l'entendis inspirer pour trouver le courage de répondre...j'avais peur.

-Parce que tu ne serais pas heureuse.
-Je ne le suis déjà pas Danny, murmurai-je les yeux voilés de larmes.
-A cause de moi...
-Est-ce que c'est un jeu pour toi? Soit sincère, c'est tout ce que je te demande.

Dans un accès de colère je détournai la tête arrachant la peau de son front de la mienne, mais l'air froid qui parcourut mon visage m'obligea à me sceller de nouveau contre lui, il ne me repoussa pas. Il glissa ses mains dans mes cheveux de chaque côté de mon visage. Et j'en tremblais, je paniquais, ça il ne le lisait pas dans mes yeux. "Danny lâche moi si tu ne veux pas de moi". Je sombrais.

-Tu penses encore à Peter? Me demanda t-il doucement.
-Dan arrête ça! M'agaçai-je.
-Tu n'y pense plus, avoue!

Les lèvres frémissantes, je mordis l'intérieur de ma joue pour ne pas hurler. Bien sûre que je n'y pensais plus.

-Je ne pense plus à Linda...

Il approcha mon visage du sien. Les creux dans ses joues trahirent sa nervosité, il serrait la mâchoire si fort que j'eus peur qu'il se taise définitivement.

-Elle est sortie de ma tête, j'ai peur de l'oublier...comment est-ce que tu veux que je t'avoue que je suis mort de trouille? Parfois je n'arrive même plus à me souvenir de son visage. Je ne veux pas être ce mec là Maddison, je ne veux pas parce que je me suis promis de ne jamais l'oublier, je me suis promis de penser à elle à chaque fois que je serais heureux et à chaque fois que je serais triste...mais quand je suis avec toi je ne peux pas...je n'y arrive pas. Même si tu ne penses plus à Peter, il est vivant...moi si j'oublie Linda elle n'existera plus, tu comprends?
-Alors, tu préfères m'oublier moi..., sanglotai-je.

Il y eu ces quelques secondes de silence qui me parurent infinies.

-Tu m'oublieras aussi.

En me mordant la lèvre inférieur, j'attrapai ses mains et les éloignai de mon visage.

-Pas si on continue comme ça.

Il acquiesça et mon coeur se serra un peu plus.

-Alors...on ne se voit plus, on ne parle plus...et on oublie l'existence de l'autre. C'est ton choix, soufflai-je avec peine.
-On peut rester amis.
-On ne l'a jamais été, tu le sais bien, rétorquai-je en ouvrant la porte d'entrée.

Mes jambes avaient du mal à me porter, mais ma terreur, celle de ne plus pouvoir entendre sa voix et de ne plus pouvoir sentir son odeur, me permettait de trouver la force de marcher. Il ne me retint pas cette fois-ci et je pris le chemin de chez moi, les joues trempées par sa sincérité écoeurante. Je le haïssais, lui et sa foutue intégrité.

Nouvelle histoire =D ---> My song for you

# Posté le mercredi 28 mai 2008 10:24

Modifié le mardi 01 juillet 2008 08:12